Jérôme Pécresse
Je vous remercie, monsieur le rapporteur, pour votre propos liminaire. Je crois, tout comme nos syndicats, que le passeport de l'actionnaire des sociétés françaises importe moins que sa stratégie industrielle et son attachement aux territoires. General Electric s'efforce de le démontrer. Nous avons conscience – et, venant d'Alstom, je suis bien placé pour le savoir – de l'émotion suscitée par le passage des activités Énergie d'Alstom sous pavillon étranger. Comme je l'ai expliqué, ce changement était devenu nécessaire en raison de l'évolution brutale des marchés de l'énergie, de la situation financière fragile d'Alstom et de son incapacité à relever le défi qui lui était lancé. Mais, encore une fois, je n'en sous-estime pas l'impact émotionnel. La bonne manière d'y répondre est, je crois, d'une part, de continuer à investir, comme nous le faisons, d'autre part, de faire toute leur place, au sein de General Electric, non seulement aux activités d'Alstom mais aussi à ses anciens cadres – dont beaucoup ont bénéficié de promotions et font actuellement carrière au sein de GE – et, enfin, de tenir nos engagements : je me suis efforcé de vous expliquer où nous en étions en la matière.
Pour répondre à votre première question, monsieur le rapporteur, le conseil d'administration d'Alstom – dont je n'étais pas membre à l'époque, je siégeais au conseil exécutif – a examiné les différentes possibilités, à savoir l'offre de General Electric et les offres alternatives montées par le groupe que vous avez mentionné en partenariat avec un acteur japonais. Il a considéré, à ce que je crois savoir, que les complémentarités étaient beaucoup plus fortes et le risque de restructuration bien inférieur avec General Electric qui, en outre, proposait une valeur supérieure pour les actionnaires d'Alstom. Il a donc décidé, en conscience, en mai 2014, de poursuivre les discussions avec GE ; rétrospectivement, il n'y a pas de raison de remettre en cause cette décision. Non seulement le principal problème auquel nous avons à faire face, c'est-à-dire la chute des marchés de l'énergie fossile, se serait posé dans les mêmes termes si l'actionnaire avait été Siemens, mais le niveau des doublons aurait été bien supérieur en Europe.
La source —
nosdeputes
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
Jérôme Pécresse
Et la société Havas nous aide pour la communication de General Electric en France.
Corinne De Bilbao
Nous travaillons en effet également avec la société Havas pour ce qui est de notre communication.
Merci pour ces réponses transparentes.
Madame De Bilbao, monsieur Pécresse, je vous remercie pour votre présence. Je ferai trois remarques préliminaires et vous poserai cinq questions.
Tout d'abord, je me réjouis que le président LR de notre commission ait relayé les questions des syndicats et celles de M. Montebourg. Je me permets, monsieur le...
Lire ▸
Jérôme Pécresse
(La prise de parole ci-dessus)
Corinne De Bilbao
Pour ce qui concerne le nucléaire, je rappelle que notre présence dans ce secteur est antérieure à l'acquisition des actifs d'Alstom puisque, comme je l'ai indiqué dans mon propos introductif – certes un peu long, mais il avait pour objectif de montrer que nous comprenons les intérêts stratégiques de l'État et que...
Lire ▸
On dit que la relation avec le client EDF serait aujourd'hui un peu moins fluide qu'elle ne l'était du temps d'Alstom. Cette rumeur est-elle infondée ?
Corinne De Bilbao
Cette question renvoie sans doute à des discussions contractuelles et commerciales que nous avons eues avec EDF. Ces discussions, qui participent de la vie des entreprises et qui peuvent parfois être vives, sont réglées. Nos rapports avec EDF sont bons ; nous collaborons étroitement, comme en témoignent le récent...
Lire ▸
Jérôme Pécresse
À la date d'aujourd'hui, et cela m'attriste, EDF ne nous a adressé aucune commande ni précommande pour un champ éolien offshore en France. De fait, les projets font toujours l'objet de recours, pour certains devant le tribunal administratif, pour d'autres devant le Conseil d'État ; tant que ces recours ne seront...
Lire ▸