Général Jean-Pascal Breton
S'agissant des paquets capacitaires dans le cadre de l'OTAN, de la PESCO ou plus généralement de l'Union européenne, nous sommes en train d'élaborer diverses propositions, qui n'ont pas été retenues à ce stade. Mais nous pouvons aussi compter sur l'initiative européenne EUSST. La question est avant tout de trouver le bon canal pour traiter de ces sujets.
La défense nationale française s'intéresse évidemment aux microsatellites tout comme aux nanosatellites et aux picosatellites et à leur emploi. Le CNES et la DGA ont noué des partenariats avec des universités qui développent ce type de satellites. Certaines de nos forces commencent à exprimer des besoins en la matière. Ce qui nous importe, c'est la mise à disposition des informations au plus près de l'utilisateur final à un moindre coût. Si la fabrication des microsatellites n'est pas très onéreuse, leur lancement engage des dépenses d'un tout autre niveau et leur durée d'exploitation n'est pas la même que les satellites classiques. Nous sommes attentifs à leur développement tout autant qu'à celui d'autres systèmes, comme les ballons en haute altitude. L'enjeu pour nous est d'assurer une complémentarité entre les divers moyens envisageables et d'éviter les redondances.
S'agissant des cadres, Monsieur Michel-Kleisbauer, je ne peux répondre que pour ceux qui sont militaires. L'industrie spatiale est un petit monde au sein duquel des professionnels font toute leur carrière. J'ai peu d'exemples de cadres qui soient partis ailleurs. Au sein des armées, il n'y a pas de filière spatiale structurée ; nous sommes en train de la mettre en place. Il nous a été demandé de déterminer rapidement la nature exacte des compétences, des formations et des profils que nous recherchons. J'ai reçu mission et mandat pour ce faire.
Pour ce qui est des lanceurs, la réutilisation est une question débattue en ce moment. Mon besoin n'est pas d'avoir un lanceur réutilisable, mais un lanceur qui coûte le moins cher possible : toute la question est de savoir quelle est la technologie qui permet de répondre à ce critère. Vous avez sans doute vu dans la presse que Stéphane Israël évoquait la possibilité de réutiliser certains étages d'Ariane 6 ; des travaux sont menés en ce sens. Nous sommes attentifs à cet aspect mais l'objectif final reste d'abaisser les coûts et d'être assuré d'un accès robuste aux lanceurs.
Je termine avec la question sur le terrorisme. Jusqu'à une date récente, l'espace était réservé aux grandes puissances, qui seules disposaient des capacités industrielles et des moyens nécessaires. Désormais, des investisseurs privés commencent à s'y intéresser. L'accès à l'espace est donc de plus en plus ouvert ; les menaces que j'ai évoquées ne sont pas pour autant accessibles au commun des mortels. Évidemment, il est toujours possible d'agir contre une partie du segment, mais globalement, la sécurité du segment est assurée. Nous ne nous attachons donc pas à ce type de menaces mais plutôt aux actions menées par des pays souverains capables de le faire, et au risque de prolifération, pour éviter que des pays proliférants ne parviennent à des niveaux de capacité analogues. Pour le reste, nous sommes relativement bien protégés.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
En visite sur le site des Mureaux, le 14 décembre, la ministre a réaffirmé le besoin d'un système de surveillance de l'espace, et la nécessité de parler d'une voix européenne. On peut donc se féliciter qu'ArianeGroup, dans le cadre de la coopération du savoir-faire européen, ait permis de faire aboutir GEOTracker....
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Les États-Unis ont expérimenté un système de microsatellites utilisés au niveau tactique, c'est-à-dire au niveau de la brigade. Que pensez-vous de ce nouveau concept d'emploi ? Permet-il de s'affranchir des chaînes de renseignement classiques ? Présente-t-il un intérêt pour l'avenir de nos forces ?
À quel âge mettez-vous vos cadres à la retraite ? N'est-ce pas trop tôt ? Combien partent travailler pour des puissances tierces ou pour les entreprises que vous avez évoquées ?
Doit-on investir le champ des lanceurs réutilisables développés par SpaceX ? Faut-il donner suite aux avant-projets imaginés l'ONERA ?
Nous dépendons énormément des satellites dans notre vie quotidienne. Sans tomber dans les scénarios catastrophes des films américains, peut-on imaginer que des terroristes...
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Général Jean-Pascal Breton
(La prise de parole ci-dessus)
Nous arrivons aux quatre dernières questions.
Mon général, vous avez évoqué le durcissement des menaces contre nos satellites. Des recherches sont-elles menées du côté de leur furtivité ?
Quand toute la constellation Galileo sera en place, continuerons-nous à utiliser en même temps le système GPS ?
Nos radars sont-ils en nombre suffisant pour garantir notre indépendance d'observation ?
Enfin, quel regard portez-vous sur le Centre spatial guyanais ? Est-il suffisamment sécurisé ? Est-il concurrentiel...
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J'aimerais revenir sur l'absence de volet dédié à l'espace dans la PESCO, à la suite de mon collègue Jacques Marilossian. Avez-vous des précisions à apporter à ce sujet ?
Par ailleurs, quelles sont les forces françaises présentes au sein du Centre satellitaire de l'Union européenne, le SatCen, basé à Madrid ?