D'une telle doctrine découle une programmation capacitaire. À nos yeux, la priorité « numéro un » tient évidemment à la surveillance de l'espace. Il s'agit de savoir à tout moment quels moyens sont déployés dans l'espace, où ils vont, à qui ils appartiennent et ce qu'ils font.
Il faut pour cela des moyens. La France est l'un des premiers pays à s'en être dotés, grâce à l'ONERA. Il s'agit du radar GRAVES, qui nous offre déjà une bonne vision de l'espace mais celle-ci devient insuffisante pour détecter les satellites miniatures, tels les cubesats, dont la détection devient un enjeu important. Nous proposons donc de renouveler cette capacité et d'en assurer la résilience par une organisation redondante, en installant non seulement un nouveau système GRAVES en métropole amis aussi un autre en Guyane, afin d'étendre la couverture géographique du système d'observation des orbites basses.
En ce qui concerne les orbites géostationnaires, il faut là aussi étendre la couverture des orbites par nos moyens d'observation. Ces moyens reposent sur un réseau de télescopes aujourd'hui basés notamment en métropole, à La Réunion et au Chili, qui ne couvrent aujourd'hui que 70 % des orbites géostationnaires. Il faut donc investir dans deux ou trois nouveaux télescopes et en installer dans nos territoires du Pacifique. Cela n'aurait pas un coût exorbitant, car un télescope ne coûte que 300 000 euros environ. Un investissement supplémentaire de quelques millions d'euros permettrait en outre d'améliorer les capacités de détection en exploitant des technologies spectrales, ce qui nous paraît également indispensable.
En matière de surveillance de l'espace, il serait également intéressant de poursuivre le développement d'un système d'alerte avancée entamé avec les démonstrateurs Spirale mais interrompu. Une telle capacité doit permettre de détecter les départs de missiles balistiques afin de les abattre en vol avant qu'ils atteignent leurs cibles. Les acquis du programme Spirale peuvent utilement être mis à profit.
À nos yeux, ces enjeux de souveraineté sont tels, que la France doit ‒ je dis bien : doit ‒ conserver une capacité autonome, quitte à en fournir le service aux Européens à titre de contribution française à un réseau européen de surveillance de l'espace.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
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Notre stratégie de défense doit aussi exploiter au mieux les possibilités de partenariat que nous sommes capables d'établir. Nous pensons évidemment avant tout à l'Europe, qui constitue depuis plusieurs décennies le cadre dans lequel nous réussissons à relever les défis qui supposent une certaine taille critique....
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(La prise de parole ci-dessus)
En plus de cet investissement majeur, il nous faudra investir dans certains moyens d'action dans l'espace. Dans un premier temps, les moyens de brouillage, de cyberdéfense et d'aveuglement par laser nous semblent suffisants. Comme je le disais, la dépense n'est pas considérable.
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Enfin, en guise de conclusion, nous formulons des recommandations de politique industrielle pour le secteur spatial. En effet, le contexte industriel est marqué par la concurrence américaine, largement subventionnée par le gouvernement américain via la défense.
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Merci, Messieurs les rapporteurs, pour la clarté et la précision de votre exposé. Nous allons en venir aux questions mais, auparavant, je cède la parole à M. Lachaud, en tant que membre de la mission d'information.
Avant tout, je tenais à féliciter les rapporteurs pour leur travail. Le rapport comprendra une contribution traduisant la vision du groupe La France insoumise sur ces questions, dont je me propose de vous livrer ici les principaux éléments. Annoncée il y a quelques mois, l'initiative du Gouvernement visant à...
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