Delphine Ernotte
J'ai en effet affirmé que je n'étais pas opposée à une négociation, mais que celle-ci devait se faire à nos conditions. Jusqu'à récemment, aucune négociation n'avait été mise en oeuvre : un film financé à 100 % avec de l'argent public pouvait être disponible sur Netflix dès le lendemain de sa diffusion. Tel n'est plus le cas. L'accord que nous avons signé fin 2018 et reconfirmé en 2019 avec les producteurs nous permet de sécuriser une période d'exclusivité pour les productions que nous avons financées à plus de 65 %. Cela signifie que nous sommes désormais un acteur avec lequel Netflix doit négocier. Ce n'était pas le cas auparavant, et ils l'ont découvert à cette occasion.
Ainsi que je l'avais indiqué au patron de Netflix lorsque je l'ai rencontré, au printemps dernier, alors que l'accord avec les producteurs venait d'être signé, si ma priorité n'était pas de négocier avec Netflix, je n'y étais pas pour autant opposée, mais cela ne pouvait se faire qu'à deux conditions : d'une part, le respect d'une période d'exclusivité pour les services linéaires et non linéaires de France Télévisions et, d'autre part, l'existence de notre marque. Pour rappel, Bodyguard, magnifique création de la BBC qui sera bientôt diffusée sur France Télévisions, est présentée comme une série originale de Netflix. Les discussions ne sont pas terminées, et il n'existe pas à ce jour de projet majeur que nous aimerions réaliser avec Netflix. Je me suis plutôt concentrée sur les projets de l'alliance fondée avec la ZDF et la RAI. Je préfère investir avec mes partenaires publics européens car nous partageons les mêmes valeurs, faisons face aux mêmes enjeux et ne sommes pas en compétition. Je suis donc plutôt réservée, mais la porte n'est pas fermée, à condition que notre marque et notre exclusivité soient respectées.
La source —
nosdeputes
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