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16 décembre 2020 · Sénat · hémicycle Séance
Madame la présidente, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, comme chacun sait, depuis 2016 et le référendum britannique, l’Europe subit malheureusement les rebondissements sans fin du Brexit. Les péripéties ont été nombreuses et n’ont pas toujours rendu service à ceux qui, comme au groupe du RDSE, défendent le projet d’une Europe mieux intégrée et plus vertueuse. Dans ce contexte, nous nous réjouissons de poursuivre la discussion d’un texte participant au renforcement de la coopération européenne et à la mutualisation des efforts des nations qui la composent. De la même façon, nous nous réjouissons que la commission mixte paritaire soit parvenue à un accord sur celui-ci, d’autant qu’il porte sur l’une des fonctions les plus fondamentales de nos pouvoirs publics. Sans en refaire l’historique, je rappellerai qu’il a été institué, en octobre 2017, au niveau européen, un parquet chargé de poursuivre les infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union européenne. Ce dernier a d’ailleurs récemment trouvé son siège au Luxembourg. Il ne reste plus qu’à procéder à la désignation, par chacun des États membres, des procureurs délégués chargés de mener les enquêtes au niveau national. Au préalable, il revient à chaque État de définir la place de ces nouveaux procureurs au sein du système judiciaire national. C’est l’objet du titre Ier du présent projet de loi, qui, outre certaines questions techniques, soulève des interrogations déjà mises en avant par mon collègue Jean-Claude Requier lors de précédents débats. Quelle conséquence pourrait avoir l’introduction de ce nouvel organisme au regard des spécificités de notre appareil institutionnel ? Plus particulièrement, comment se fera à terme l’articulation du procureur européen avec le juge d’instruction français ? Faudra-t-il de nouveau se poser la question de son existence ? Ces questions sont d’autant plus légitimes qu’elles ne concerneront qu’une minorité de pays au sein de l’Union européenne. D’où l’hypothèse que ces deux acteurs judiciaires peinent vite à accommoder leurs fonctions, puisque, du point de vue européen, nous voyons mal comment il pourra être tenu compte de ce binôme. Par ailleurs, le titre II du texte a pour objet d’améliorer la spécialisation de nos juridictions pénales. Sur ce point aussi, nous avons déjà fait certaines observations dont je redirai la teneur, car ce phénomène de spécialisation des juridictions pose mécaniquement le problème de l’accès à la justice. Des rapports et des avis nous alertent depuis longtemps à ce sujet : la création de tribunaux spécialisés dans des domaines très limités peut conduire à une concentration de la spécialisation au sein d’un seul tribunal pour tout le pays ou pour une seule région. C’est évidemment un obstacle pour l’accès au juge, engendrant un risque d’éloigner le juge du justiciable, d’autant que l’accès à une justice dématérialisée de qualité, efficace et peu onéreuse demeure, malgré vos efforts, monsieur le garde des sceaux, un rêve lointain. Nous regrettons tant la poursuite de la concentration administrative en région parisienne que le déséquilibre dont souffrent les territoires, notamment les territoires ruraux. La vigilance doit donc rester de mise. Je terminerai en évoquant les dispositions du titre III, et nos regrets d’y trouver une forme de dispersion. Sans en contester le bien-fondé, il demeure que certaines de ces dispositions ne se rattachent ni à l’objectif d’instauration d’un parquet européen ni au renforcement des juridictions spécialisées. Sans doute n’y avait-il pas de wagon législatif plus pertinent, mais, comme toujours, nous nous méfions des textes balais et disparates, dans le détail desquels se nichent parfois de bien mauvaises surprises. Au regard de ces observations, le groupe du RDSE votera en faveur de ce texte. (MM. Jean-Claude Requier et Alain Marc applaudissent.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, chaque année, on estime à plusieurs dizaines de milliards d’euros le préjudice causé à l’Union européenne par des actes de fraude et de corruption. Ces chiffres, gargantuesques, doivent nous interpeller sur l’urgente nécessité de renforcer la... Lire ▸
La parole est à M. Thani Mohamed Soilihi.
Madame la présidente, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, la commission mixte paritaire est parvenue sans peine, hier, à l’adoption d’un texte commun. Je ne peux que m’en réjouir car, compte tenu de l’ampleur des fraudes contre les intérêts financiers de l’Union européenne, il était indispensable de... Lire ▸
La parole est à M. Jean-Yves Roux.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Cécile Cukierman.
Madame la présidente, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, voté en début d’année par le Sénat, ce texte visait d’abord principalement à adapter notre organisation judiciaire et notre procédure pénale nationales à la mise en place, le 20 novembre, du Parquet européen. La réussite d’une telle mise en... Lire ▸
La parole est à Mme Dominique Vérien. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, comme plusieurs orateurs l’ont déjà signalé, des milliards d’euros échappent chaque année à l’Union européenne et à ses États membres. Détournement de fonds européens, escroqueries aux subventions, corruption, blanchiment d’argent, abus de confiance,... Lire ▸