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16 décembre 2021 · Sénat · hémicycle Séance
Le sujet est donc très symbolique. C’est une fierté et un honneur – tant pour le Sénat que pour notre pays, puisque Mme la ministre a fortement accompagné cette proposition de loi – de corriger, à un moment où la mode tend plutôt au contraire à déréguler et à désanctuariser, ce manque qui semble incroyable – un important trou dans la raquette, pourrait-on dire –, à savoir que, au pays de Voltaire, de Balzac, de Zola, d’Hugo ou encore de Proust, il n’y ait pas de loi-cadre pour les bibliothèques. Cette absence de loi ne signifiait pas qu’il n’y avait rien, au contraire. Soulignons que 16 500 bibliothèques sont réparties dans tout le territoire. Mes collègues l’ont indiqué : la crise sanitaire a montré à quel point ce maillage est essentiel. La crise et le manque causé par leur fermeture ont montré de manière aiguë à quel point ces lieux sont irremplaçables. C’est le cas notamment pour celles et ceux qui vivent à sept ou huit dans de tout petits appartements, sans espace permettant de travailler, d’étudier, de s’évader, et qui ne peuvent pas être accompagnés par leurs familles. Les bibliothèques doivent être sanctuarisées. Cette loi-cadre réalise une telle sanctuarisation, non seulement par le seul fait qu’elle existe et qu’elle définit les missions des bibliothèques, mais aussi parce qu’elle garantit la gratuité de leurs pratiques, ce qui permet de répondre pleinement à la nécessité de la démocratisation de la culture. Le pluralisme est l’un des principes inscrits dans cette loi, alors que, comme j’y ai fait tout à l’heure référence, les pratiques de certains ne le respectaient peut-être pas. On pourrait croire aujourd’hui que le pluralisme est une évidence, mais tel n’est plus le cas ! Il est très important, quand il s’agit de la lecture et de la culture, de veiller à ce que ce principe soit observé. Au travers de cette loi, nous requalifions et valorisons le travail des agents des bibliothèques. En effet, il ne faut pas oublier que, chaque fois que la République est présente grâce à ces lieux, ce sont des agents qui l’incarnent au quotidien. Nous devons les défendre et les préserver. Si cette proposition de loi a rencontré un accueil si unanime, c’est parce que ses auteurs se sont battus pour en révéler les enjeux. Je veux rendre hommage à Sylvie Robert, qui s’est battue du matin au soir pour que cette loi aboutisse. Madame Robert, c’est un honneur que de compter des sénatrices comme vous dans le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, qui votera naturellement pour cette proposition de loi. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, c’est un bonheur que de terminer cette année en examinant des sujets placés au cœur même des réponses devant être apportées aux crises que nous traversons dans notre pays. De façon générale, la culture est un rempart contre tous les délires que certains... Lire ▸
ministre. C’est vrai !
Je me souviens qu’une des premières mesures prises par un certain groupe politique venant d’accéder aux responsabilités municipales avait été de censurer des livres dans les bibliothèques…
À Orange !
(La prise de parole ci-dessus)
Sylvie Robert présidente ! (Sourires.)
La parole est à Mme Samantha Cazebonne, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants.
Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, les bibliothèques publiques sont aujourd’hui le premier équipement culturel public de notre pays. On en recense plus de 16 000, ayant 12 millions d’usagers – la crise sanitaire n’a d’ailleurs pas empêché le nombre de ces derniers de croître, puisqu’ils... Lire ▸
La parole est à M. Jean-Pierre Decool, pour le groupe Les Indépendants - République et Territoires.