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10 janvier 2023 · Sénat · hémicycle Séance
Monsieur le ministre, la mise en place de zones à faibles émissions est une nécessité qui réclame beaucoup d’anticipation. En effet, la ZFE mobilité va contraindre un grand nombre de nos concitoyens à moins utiliser leur voiture thermique, trop ancienne. S’il s’agit d’une bonne chose non seulement pour la décarbonation de notre mode de vie, mais surtout pour l’amélioration de la qualité de l’air, ce qui est tout de même le but premier de ce dispositif, c’est aussi une très mauvaise nouvelle pour ceux qui n’ont aucun autre moyen personnel de se déplacer. C’est le cas notamment des personnes habitant dans les villes, ou en périphérie de villes, où les transports en commun et les mobilités dites douces sont à la peine actuellement. Dans certains territoires, l’offre de transports en commun s’est réduite avec la crise du covid-19. La situation s’est ensuite aggravée avec les difficultés de recrutement de chauffeurs et le coût de l’énergie. Les services ne fonctionnent pas à plein et n’ont pas retrouvé partout le niveau d’avant-covid. Or il est légitime que tous les citoyens puissent trouver des solutions pour leurs déplacements quotidiens. Monsieur le ministre, avez-vous envisagé des consultations citoyennes à même d’accompagner sereinement cette transition ? Si les transports publics relèvent de la compétence des collectivités, nous savons très bien que certaines d’entre elles n’offrent pas encore toutes les alternatives utiles, faute d’investissement. Monsieur le ministre, pouvez-vous nous dire concrètement comment l’État compte aider les collectivités à court, moyen et long terme pour développer les solutions alternatives au « tout-voiture » ? Je veux parler de véritables pistes cyclables et de cheminements de piétons dignes de ce nom. Enfin, si nous voulons que le calendrier soit respecté et que l’acceptabilité sociale soit assurée, il faut que l’instauration des ZFE soit juste. Les vignettes Crit’Air le sont-elles ? C’est une question que l’on peut légitimement se poser, sachant qu’elles n’intègrent, par exemple, ni la masse ni la consommation du véhicule.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Monsieur le ministre, vous avez dit à plusieurs reprises qu’il allait falloir faire preuve de pédagogie pour expliquer cette réforme. Vous comprenez qu’il va être difficile d’expliquer aux Nantais qu’il y aura, demain, les bonnes particules fines, liées aux passages des avions, et les mauvaises particules fines,... Lire ▸
La parole est à M. le ministre.
ministre. Je n’aimerais pas que l’on nous prête, à l’un et à l’autre, des propos que nous n’aurions pas tenus : à la minute où nous parlons, ni vous ni moi ne disposons d’éléments nous permettant de dire que la situation va se dégrader à l’échéance que vous avez évoquée, ni dans quelle proportion. Notre souci... Lire ▸
La parole est à Mme Angèle Préville.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. le ministre.
ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Madame la sénatrice, j’ai déjà répondu sur la question de la pédagogie ; je vais donc me concentrer sur les modes de transport alternatifs à la voiture que vous avez évoqués et sur la façon d’accompagner ces usages. Il faut être juste, tout... Lire ▸
La parole est à Mme Angèle Préville, pour la réplique.
Monsieur le ministre, je n’incriminais pas du tout les collectivités. Je vous interpellais sur la nécessité d’un choc de l’offre : les pistes cyclables en France ne sont pas au niveau que nous pourrions attendre. Si peu de gens les utilisent, c’est souvent pour des questions de sécurité.