ministre d’État. … « de se confronter, mais aussi de se respecter et de trouver des voies de passage, sans abdiquer ce que l’on est. (M. Guillaume Gontard s’exclame.) Et le lieu où la diversité se résout en capacité d’action, c’est le Parlement !
« La première urgence, c’est de répondre à la question des retraites qui occupe le débat public. On voit combien cette question continue de tarauder notre pays.
« Le déséquilibre de notre système de retraites et la dette massive qu’il a creusée ne peuvent être ignorés ou éludés. Je résume les chiffres, établis par le Haut-Commissariat au plan en 2021 et probablement aggravés depuis lors. (Ah ! sur des travées du groupe SER.)
« Notre système de retraites verse chaque année quelque 380 milliards d’euros de pensions. Le système par répartition que nous affichons voudrait que, chaque année, les actifs assument le versement de ces pensions.
« Or les employeurs et les salariés privés et publics versent à peu près 325 milliards par an. Cette somme s’obtient en additionnant les cotisations salariales et patronales du privé et du public, estimées au même taux, et les impôts versés par les contribuables et affectés aux retraites.
« Si l’on soustrait 325 milliards d’euros à 380 milliards d’euros, il reste 55 milliards d’euros, versés par le budget des collectivités publiques, au premier chef l’État à hauteur de quelque 40 milliards ou 45 milliards d’euros.
« Or ces 40 milliards ou 45 milliards d’euros annuels, nous n’en avons pas le premier sou ! Chaque année, cette somme, le pays l’emprunte. Autrement dit, il la met à la charge des générations qui viennent ou qui viendront. Sur les plus de 1 000 milliards d’euros de dette supplémentaires accumulés par notre pays ces dix dernières années, les retraites représentent 50 % du total.
« Jamais nous n’avons fait l’effort de partager avec les Français cette évidence que la dette contractée par notre pays concerne leurs propres enfants – nos propres enfants – et que la charge que nous leur laissons sera trop lourde pour être supportée.
« Entendez-moi bien : je ne dis pas que la dette est toujours immorale. Si nous construisons des infrastructures ou finançons la recherche, il est légitime que nous partagions la charge avec ceux qui utiliseront ces équipements ou profiteront de ces connaissances. S’endetter pour construire une université ou un hôpital dont l’usage, par les générations qui viennent, durera cinquante ou quatre-vingts ans, c’est légitime. »
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
ministre d’État. « Nos concitoyens se sentent glisser sur la pente du déclassement. Les investisseurs s’inquiètent. L’épée de Damoclès de la motion de censure paraît avoir installé la précarité au sommet de l’État. »
Vous oubliez que nous avons eu quatre Premiers ministres en un an !
ministre d’État. « Au cœur de ce blocage, il y a quelque chose de culturel : notre incapacité à vivre avec le pluralisme, à être en désaccord sans nous menacer du pire. Les réquisitoires et les invectives minent la confiance des citoyens. Il est temps de changer de logiciel démocratique et donc de méthode, »…
Proportionnelle !
(La prise de parole ci-dessus)
C’est le discours de 2023 ?
ministre d’État. « Mais la dette est injuste si elle met à la charge de nos enfants nos dépenses courantes d’aujourd’hui. Loin d’être seulement un problème financier ou social, cette dette est d’abord un problème moral. » (M. Pascal Savoldelli proteste.)
Surtout vis-à-vis des rentiers !
ministre d’État. « Quand on est héritier dans une famille, on peut toujours refuser l’héritage qui comporte trop de dettes. Mais quand on est citoyen d’un État, on ne le peut pas !
« Ce problème social et moral, le Gouvernement n’entend pas le laisser sans réponse. La réforme des retraites est vitale pour notre...
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