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14 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
ministre d’État. « L’adoption d’un budget est indispensable pour les Français, pour l’action de la France, pour son image et pour son crédit. « Cette orientation vers un retour à l’équilibre, qui sera nécessairement pluriannuelle et respectueuse de nos engagements européens, passera par des efforts de l’État lui-même. L’objectif est bien d’atteindre 3 % de déficit public en 2029. « Cette contrainte se manifeste dès à présent : les prévisions de croissance, à la suite, en particulier, de la crise née du vote de la motion de censure, ont toutes été revues à la baisse. « Nous ne voulons pas ignorer ces avertissements. Le Gouvernement a donc décidé de revoir sa prévision de croissance pour 2025. Alors qu’elle était de 1,1 % avant la censure, nous la réévaluons à 0,9 %, conformément aux prévisions de la Banque de France. Il sera proposé de fixer l’objectif de déficit public pour 2025 à 5,4 % du PIB. « Des économies importantes seront proposées. Et pour la suite, c’est bien un puissant mouvement de réforme de l’action publique qu’il faut conduire. « Il faudra trouver des méthodes d’organisation de l’État qui ne requerront pas d’augmentation de nos dépenses publiques. Nous devrons repenser tous nos budgets, à partir non pas du prolongement de ce qui se faisait l’année précédente, augmenté d’un pourcentage d’inflation, mais de ce qu’exige le service ou l’action à conduire. « Je demanderai à tous les ministres de préparer dès le printemps ces budgets redéfinis et repensés. C’est un effort dont personne ne pourra s’exclure, chacun à sa manière, dans l’exercice quotidien de ses missions. « Cet exercice devra interroger notre organisation. Est-il nécessaire que plus de 1 000 agences, organes ou opérateurs exercent l’action publique ? Nous connaissons le rôle précieux de plusieurs d’entre eux, comme France Travail, mais ces 1 000 agences ou organes, sans contrôle démocratique réel, constituent un labyrinthe dont un pays rigoureux peut difficilement se satisfaire. « Les parlementaires seront pleinement associés à cet effort d’organisation et de rationalisation. C’est la fonction du Parlement : contrôler et évaluer. « Cet effort devra être prolongé et inventif. Il devra aussi être soutenu parce que, souvent, la réforme au début coûte. J’annonce la création d’un fonds spécial entièrement dédié à la réforme de l’État, financé en réalisant une partie des actifs, en particulier immobiliers, qui appartiennent à la puissance publique, de façon à investir, par exemple, en faveur du déploiement de l’intelligence artificielle (IA) dans nos services publics. « Ces sommes ne pourront être utilisées pour des dépenses courantes, pour abonder tel ou tel budget. Elles resteront donc uniquement consacrées à ces efforts de réorganisation. Cette manière de rendre actif un patrimoine aujourd’hui inactif nous permettra peut-être, un jour, d’engager un scénario de réduction de notre endettement. « Je l’ai dit le jour de ma prise de fonction, nous avons devant nous une grande œuvre de réconciliation : réconcilier les Français entre eux ; réconcilier les Français avec l’État et leurs élus ; réconcilier les Français avec les entreprises. « L’unité du pays, nous ne la ferons pas à coups d’incantations. Elle passe par l’association effective de tous, de manière continue, aux affaires qui les concernent. « Cette association porte un nom que l’on utilise souvent, sans lui donner sa vraie portée : c’est la démocratie. Et pas seulement la démocratie électorale avec ses surenchères, sa communication tarifée et ses éléments de langage. »
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

ministre d’État. « Une délégation permanente sera donc créée. Je la réunirai dès vendredi prochain. Je proposerai aux représentants de chaque organisation de travailler autour de la même table, de s’installer dans les mêmes bureaux, ensemble, pendant trois mois à dater du rapport de la Cour des comptes. « Si, au... Lire ▸
Si aucune motion de censure n’est adoptée avant cela !
ministre d’État. « Je souhaite que cet accord soit trouvé, mais si les partenaires ne s’accordaient pas, c’est la réforme actuelle qui continuerait à s’appliquer. »
On peut être tranquilles, alors !
(La prise de parole ci-dessus)
Oh non, au vu des résultats des législatives…
ministre d’État. « Un philosophe qui siégea sur ces bancs, Marc Sangnier, a défini la démocratie comme “l’organisation sociale qui porte à son plus haut la conscience et la responsabilité du citoyen”. Or il n’y a pas de citoyens conscients et responsables si l’on ne partage pas avec eux les vérités les plus... Lire ▸
À quoi fait-il allusion ?…
ministre d’État. « Nous ne laisserons aucun problème hors de notre champ ; pour chacun d’eux, je partagerai les diagnostics avec les Français, afin d’établir la délibération sur des bases indiscutables. « La démocratie, c’est aussi la question de cette promesse de la Ve République : concilier la capacité d’action... Lire ▸