Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, une puissance étrangère a tiré sur des Français et le Quai d’Orsay s’est tu.
En août dernier, des garde-côtes libyens, financés par l’Union européenne et armés de navires fournis par l’Italie, ont tiré, pendant deux heures, une centaine de balles sur nos compatriotes, sur des volontaires internationaux de SOS Méditerranée, ainsi que sur quatre-vingt-sept rescapés se trouvant à bord. Leur seul tort était d’appliquer les conventions internationales relatives au sauvetage en mer.
Je ne vous parle pas ici d’immigration. Le débat à ce sujet est légitime, mais aucune discussion sérieuse ne saurait avoir lieu sans aborder, au préalable, notre position sur le sauvetage inconditionnel en mer, ni sans évoquer notre héritage méditerranéen.
Ce sujet ne doit pas être partisan. Nicolas Sarkozy avait fait de l’Union pour la Méditerranée une priorité. Récemment, à Marseille, le chef de l’État vaticanais a rappelé que « les personnes […] abandonnées sur les flots [devaient] être secourues ». Ceux qui se réclament de l’héritage chrétien de l’Europe ne sauraient ignorer ces exhortations.
Depuis 2014, plus de 40 000 naufragés ont péri en Méditerranée – 40 000 ! – et plus de 300 dans la Manche. Pourtant, nous n’observons aucune minute de silence en leur mémoire.
Son immense espace maritime impose à la France d’être à la hauteur de ces appels à l’aide. Les politiques faillissent ; restent SOS Méditerranée pour sauver l’honneur et les écrivains pour rappeler l’essentiel.
Je cite Laurent Gaudé, prix Goncourt : « La Méditerranée continue à être une mer où l’on meurt. […] Le temps passe et quelque chose s’installe. […] Toute tragédie qui se répète accouche du monstre effrayant de l’indifférence. »
Monsieur le ministre, cette indifférence est-elle aussi celle du Gouvernement ? Depuis quand laisse-t-on tirer sur des Français sans réagir ? Depuis quand la France se résigne-t-elle à ce que l’on meure dans la mer qu’elle a en partage avec l’humanité ? (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K.)
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Gremillet, je vous rejoins pleinement ! (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.)
Nous devons toutefois nous donner le temps nécessaire, compte tenu notamment des données publiées par...
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La parole est à M. Daniel Gremillet, pour la réplique.
Monsieur le ministre, soyons clairs : comment voulez-vous que des entreprises investissent, s’implantent et réindustrialisent notre pays sans vision énergétique ? Tout le monde garde en mémoire la situation d’il y a trois ans !
Il faut avoir du courage. La bataille de l’énergie se joue à l’échelle mondiale, comme...
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La parole est à M. Mickaël Vallet, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. le ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité.
ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité. Monsieur le sénateur Vallet, j’entends votre appel. Je tiens à vous dire que la France n’est pas restée sans réagir. Au contraire, dans toutes les négociations et discussions diplomatiques...
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Il faut conclure.
ministre délégué. La direction de SOS Méditerranée a d’ailleurs été reçue au Quai d’Orsay le 1er décembre 2025. Nous avons demandé à notre ambassade de Tripoli d’intervenir à nouveau auprès des autorités libyennes afin d’obtenir un rapport précis sur la situation.