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16 septembre 2026 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe Renew. – Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Madame la Présidente, j'ai écouté votre discours avec, évidemment, beaucoup d'attention. Oui, vous avez raison, l'Europe doit avancer sur la voie de sa puissance et de son indépendance. Mais j'irai plus loin: il est temps aujourd'hui de défendre une vision nouvelle, fondamentalement positive, celle d'une radicalité pro-européenne. Parce que l'été qu'on vient de vivre, c'est la parfaite synthèse des défis qui attendent l'Europe. On a échoué dans notre solidarité migratoire à Ceuta, à cause, entre autres, de l'hypocrisie de madame Meloni. On a eu le référendum en Islande et ce qu'il révèle sur notre attractivité. On a eu la victoire de l'AfD. Et, bien sûr, on a tous subi une crise climatique historique dont on sait déjà qu'elle se reproduira. Alors oui, chers collègues, ces défis sont immenses. Mais ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que, loin de nous affaiblir, ils doivent nous renforcer. Parce que nous avons tous les atouts pour y répondre et que, dans cet hémicycle, on a fait notre part du travail. On a voté un pacte asile et migration. Appliquons-le. On a voté un pacte vert, mais qu'on arrête de le détricoter, bon sang! Et qu'on le mette en œuvre. Et à cette politique de décarbonation, Madame la Présidente, j'en veux une autre: on doit mettre tout en haut de la pile la loi européenne sur la résilience climatique et la gestion des risques, parce que décarbonation et adaptation vont de pair. Je le dis avec d'autant plus de conviction que le pacte vert est aussi un pacte de compétitivité, un pacte d'indépendance, notamment énergétique. Et c'est ici notre première priorité: la prospérité. Cette transition verte, comme le numérique d'ailleurs, nous rappelle une chose: le niveau de vie des Européens pour les prochaines années dépend de notre capacité à innover dans les technologies de rupture, les technologies vertes, l'IA, les centres de données, les biotechnologies, le quantique. L'enjeu, c'est celui de notre souveraineté. On doit investir massivement, on doit protéger – c'est-à-dire défendre – nos entreprises face à la concurrence déloyale, faire de notre commande publique européenne une véritable arme industrielle, comme le font la Chine ou les États-Unis. En un mot, devenir indispensable au reste du monde. Il faut aussi qu'on prenne le leadership mondial pour un cadre légal sur l'intelligence artificielle, comme on l'a fait autrefois sur le nucléaire. Parce que je le dis franchement, ce n'est pas normal que ce soient le pape et le Vatican qui soient les premiers à poser une limite philosophique au développement de l'IA. Ça, c'est notre rôle de responsables politiques. Chers collègues, ce que je défends ici, ce sont des mesures de bon sens. Si on ne retrouve pas une indépendance énergétique, économique, si on ne soutient pas nos agriculteurs, la PAC, notre sécurité alimentaire, on est condamnés à la vassalisation et on condamne, de fait, le pouvoir d'achat des Européens. Et ça, je m'y refuse. Notre deuxième priorité, c'est d'assumer la puissance. Parce que cette révolution économique, elle s'impose dans un monde qui se ferme et qui se brutalise. Et dans ce monde, je le dis clairement, je ne veux pas avoir honte de l'Europe comme il y a un an. Monsieur le Premier ministre Carney, vous avez montré ce qu'il fallait faire face à Trump: refuser la compromission, riposter, protéger vos intérêts, parler le langage de la puissance. Sachez que le Canada est bienvenu dans l'Union européenne, parce que nous partageons les mêmes valeurs et que nos intérêts sont convergents (applaudissements). Alors, allons plus loin. Commençons par tous ratifier le CETA. Mettons en place – Yes, indeed – mettons en place un pacte de sécurité économique contre la coercition commerciale. Si Trump nous met des tarifs, on répond collectivement par des tarifs. Même chose pour la Chine, ou n'importe qui d'autre d'ailleurs. Mettons à profit nos atouts réciproques, cultivons les échanges universitaires et continuons le rapprochement stratégique entre l'Europe et le Canada sur les terres rares, la défense, l'Arctique, l'énergie ou encore la recherche. Monsieur le Premier ministre, vous l'avez parfaitement saisi; Trump, Poutine, Xi Jinping ne comprennent qu'une chose: le rapport de force. Et à chaque fois qu'on a joué avec nos anciennes règles, on a perdu. Regardons encore cet été, la Russie a préparé un attentat à l'aéroport de Leipzig. Hier, un hélicoptère danois a été visé par des tirs de fusées. Ces sabotages, ces cyberattaques, ces intimidations, la désinformation, ce ne sont pas des événements isolés. Ce sont les différentes dimensions d'une même stratégie. Et nous, qu'est-ce qu'on fait? On se contente de réagir. Souvent trop tard et souvent trop peu. Madame la Présidente, on doit changer de doctrine. On doit faire comprendre à Poutine que s'il nous attaque, il lui en coûtera. Et on doit lui faire comprendre que notre soutien à l'Ukraine ne s'arrêtera pas. Enfin, chers collègues, je veux conclure mon propos en m'adressant aux pro-européens de cet hémicycle. Face à toutes nos menaces et à tous nos défis, nous devons défendre une vision nouvelle, profondément optimiste, une radicalité pro-européenne. On doit faire plus. Plus d'Europe et plus vite. On doit accélérer sur notre agenda législatif. Madame von der Leyen, merci pour l'annonce, notamment, de cette loi pour la protection des mineurs en ligne. Merci pour le Conseil de sécurité européen. Vous avez notre soutien, maintenant dites-nous comment on peut vous aider pour délivrer sur tout ça. Comme je viens de le dire, on doit délivrer, comme on dit en bon anglais, et on doit mettre en œuvre aussi les lois qu'on a votées. Et là, Madame la Présidente, je vous le dis clairement: le compte n'y est pas. Sur le règlement sur les services numériques, sur les matières premières critiques, sur l'état de droit, je pourrais en citer d'autres. On a les textes et la responsabilité de la Commission, c'est d'en assurer l'application (applaudissements). Chers collègues, l'Europe doit se libérer de tous ces tabous. Elle doit bénéficier de nouveaux transferts de souveraineté validés par les peuples européens. Elle doit se doter d'outils de la puissance avec des institutions réformées pour être plus efficaces et un budget ambitieux. Et pour cela, Madame la Présidente, il n'y a qu'une seule majorité possible. Une seule. Et je le dis ici à mes collègues pro-européens, notamment dans la perspective de la mi-mandat qu'on a tous. Il est fondamental que la coopération et la confiance soient restaurées entre nous. C'est la seule manière de délivrer pour les Européens, c'est la seule manière de délivrer cet agenda de puissance avec les pro-européens et sans les extrêmes (applaudissements). Chers collègues, nous devons aussi augmenter notre sphère d'influence et devenir le refuge des démocrates du monde entier. Monsieur Carney, face à l'internationale réactionnaire, construisons cette alliance des démocraties. Chers collègues, dernier mot: rien n'est jamais joué, rien n'est jamais écrit. Pensez seulement à l'Union d'il y a dix ans. Qui aurait imaginé qu'on aurait une Europe de la défense, une Europe de la santé? Qu'on lancerait un plan de relance? Alors soyons fiers, soyons ambitieux, soyons radicaux, soyons pro-européens.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-10-2026-09-16_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

au nom du groupe PfE. – Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre canadien, Madame la Présidente von der Leyen, à vous entendre chaque année glorifier votre bilan, l'Europe serait toujours à la veille d'un nouveau départ. Pourtant, à écouter nos concitoyens, elle est surtout arrivée au bout d'un système.... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
au nom du groupe The Left. – Madame la Présidente, Madame von der Leyen, vous avez réussi un exploit dans votre discours: ne pas prononcer une seule proposition concrète sur le coût de la vie, alors que c'est de loin la première préoccupation des Européens. Le plein d'essence dépasse déjà les 100 € et des millions... Lire ▸