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5 octobre 2026 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Depuis 2022, la république de Moldavie est à la frontière de la guerre. Proportionnellement à sa population, elle a accueilli plus de réfugiés ukrainiens que n’importe quel autre pays européen. Elle a résisté aux pressions énergétiques, aux tentatives d’ingérence, aux campagnes de manipulation et de désinformation. J’ai pu constater l’inquiétude que celles-ci suscitaient chez les dirigeants moldaves lorsque je me suis rendu en Moldavie en mars 2024 et que j’ai entendu les demandes d’accompagnement et de soutien qu’ils adressaient à la France pour y faire face. Ces campagnes ont d’ailleurs failli aboutir à un changement de gouvernance lors des dernières élections. C’est pourquoi la souveraineté européenne se joue aussi à Chisinau. Elle ne se limite pas à nos frontières : elle se mesure à notre capacité à défendre nos démocraties et à assumer collectivement notre sécurité.Les Moldaves ont choisi l’Europe et la démocratie, et ils l’ont fait en connaissance de cause. La république de Moldavie avance. En juin dernier, elle a ouvert avec l’Union européenne des négociations portant sur les valeurs et les principes fondamentaux sur lesquels repose l’Union. En juillet, elle a ouvert le volet consacré aux relations extérieures et à la politique étrangère, de sécurité et de défense.Ce rapprochement doit désormais trouver une traduction concrète. Car il ne peut y avoir de véritable communauté politique européenne si celle-ci n’est pas capable de protéger ceux qui choisissent de la rejoindre. C’est précisément ce que nous devons faire avec la Moldova. La France a d’ailleurs clairement assumé cet impératif en signant, en mars 2024, l’accord de coopération de défense que nous examinons aujourd’hui. Cet accord crée un cadre durable pour notre coopération en matière de formation, d’équipement, d’analyse des menaces et de défense.Toutefois, notre relation ne peut se réduire à la sécurité. Une relation stratégique, c’est aussi une relation qui protège les personnes. C’est tout le sens de l’accord de sécurité sociale qui nous est également soumis : derrière les États, derrière les diplomaties, il y a des Français et des Moldaves qui travaillent, vivent et construisent leur avenir entre nos deux pays.Ce rapprochement n’a d’ailleurs rien d’opportuniste. Le lien qui nous unit est ancien. Il passe par la francophonie – Mme la rapporteure l’a rappelé. Depuis 1996, la Moldavie est membre de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF). L’Alliance française de Chisinau, l’une des plus importantes d’Europe, compte 3 500 élèves, et 40 % des lycéens moldaves apprennent le français. Je ne connais pas de meilleure preuve qu’un peuple choisit la famille européenne.Les deux textes qui nous sont soumis constituent le prolongement naturel de ce mouvement de rapprochement enclenché depuis plusieurs années. Chers collègues, en votant en faveur de ces accords, nous enverrons un double message : aux Moldaves, nous dirons que la France ne les laisse pas seuls, et à ceux qui misent sur la fatigue des démocraties, que l’Europe tient ses engagements.
La source — assemblee_nationale
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.
La parole est à M. le président de la commission des affaires étrangères.
L’intégration de la Moldavie dans l’Union européenne nous conduit à formuler plusieurs réserves fortes.Tout d’abord, nous sommes opposés à l’extension de l’Union européenne, parce qu’elle risque d’intégrer au sein d’un même marché des pays qui n’ont pas les mêmes exigences sociales, notamment quant au salaire... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Véronique Besse, rapporteure de la commission des affaires étrangères.