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5 octobre 2026 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
L’intégration de la Moldavie dans l’Union européenne nous conduit à formuler plusieurs réserves fortes.Tout d’abord, nous sommes opposés à l’extension de l’Union européenne, parce qu’elle risque d’intégrer au sein d’un même marché des pays qui n’ont pas les mêmes exigences sociales, notamment quant au salaire minimum. En effet, le salaire minimum moldave équivaut à quelques centaines d’euros, soit une différence significative avec le smic. L’expérience des élargissements précédents montre que l’Union européenne impose un cadre économique libéral à des pays qui disposent encore d’une économie partiellement protégée, ou dirigée par l’État. De plus, les élargissements à des pays où les coûts de main-d’œuvre sont plus bas favorisent les délocalisations d’entreprises françaises vers l’Est, selon une logique de dumping social à laquelle nous nous opposons fermement.D’autre part et pour ce qui concerne l’accord relatif à la défense, une telle adhésion pourrait, dans un contexte géopolitique tendu, alimenter des logiques de confrontation. En effet, à la suite de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, l’adhésion de la Moldavie à l’Union européenne rapprocherait ce pays de l’Otan et risquerait d’entraîner des frictions géopolitiques évitables. La Moldavie serait alors perçue par la Russie comme une avancée dangereuse, car trop proche, de la coopération militaire euro-atlantiste que prévoit par ailleurs cet accord au moyen d’entraînements conjoints. Bien que les rapporteurs expliquent n’y voir aucun risque, une telle adhésion risquerait d’envenimer la situation plutôt que de permettre un dialogue de paix.L’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie ont candidaté à l’adhésion à l’Union européenne en 2022. Une accélération du processus d’intégration pourrait susciter des incompréhensions de la part des pays d’Europe orientale, qui ont mis une dizaine d’années à rejoindre pleinement l’Union européenne.Enfin, je veux aborder la question du statut de travailleur détaché. Ce statut est une illustration emblématique des dérives d’un marché fondé sur la mise en concurrence de la main-d’œuvre. Présenté à l’origine comme un outil facilitant la mobilité et la coopération économique, il s’est progressivement transformé en levier de dumping social. Le salaire minimum moldave étant bien au-dessous du salaire minimum français, les patrons pourraient décider d’avoir recours à davantage de travailleurs moldaves à la place de travailleurs français, ce qui emporterait des effets sur l’économie française : un taux de chômage plus élevé et une baisse du pouvoir d’achat des ménages français, dont les moyens financiers sont déjà limités.À l’inverse, si des travailleurs français étaient détachés en Moldavie, l’écart de salaire au sein d’une même entreprise pour un poste équivalent voire identique créerait des tensions entre les travailleurs. Ce n’est pas un fantasme, ce sont des choses déjà vécues dans le cadre de délocalisations. Il faut viser une harmonisation des conditions de travail par le haut, non par le bas.Au Havre, l’une des principales places industrielles et portuaires du pays, j’ai pu observer les effets délétères provoqués par l’application des règles de détachement en vigueur. Nombre de grandes industries ont recours aux travailleurs détachés pour leurs besoins de travaux ou leur chantier de maintenance annuelle. Elles ne le font pas directement, mais par les différents niveaux de sous-traitants auxquels elles imposent un coût le plus bas possible. Pour tenir ce coût, le sous-traitant a fréquemment recours aux travailleurs détachés – des agences sont d’ailleurs spécialisées pour les mettre en contact. Avec des salaires et des conditions de sécurité – notamment concernant la fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) – très au-dessous de celles des travailleurs locaux, ces salariés sont aux prises avec un isolement et parfois des tensions, surtout dans un bassin d’emploi dont le taux de chômage est bien plus élevé que la moyenne régionale et nationale.
La source — assemblee_nationale
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.
La parole est à M. le président de la commission des affaires étrangères.
(La prise de parole ci-dessus)
Depuis 2022, la république de Moldavie est à la frontière de la guerre. Proportionnellement à sa population, elle a accueilli plus de réfugiés ukrainiens que n’importe quel autre pays européen. Elle a résisté aux pressions énergétiques, aux tentatives d’ingérence, aux campagnes de manipulation et de désinformation.... Lire ▸