Sans oublier plusieurs de nos grands-parents et arrières, dont les mandats au Sénat ont été estimés. Ces précieux souvenirs familiaux sont la révélation de mon attachement à cette maison.
Aujourd’hui, entouré des six plus jeunes membres de notre assemblée, je tiens à souligner que nous sommes tous dépositaires d’un héritage commun ; nous avons, tous ensemble, la lourde charge de le faire vivre et de le transmettre tout au long de notre mandat.
Relativement à mon chemin parcouru, je songe à la terre, la terre de France, la terre de ma commune, celle de ma chère Seine-et-Marne. C’est sur ses plaines fertiles, cœur battant de l’agriculture francilienne, que mon engagement a commencé, auprès de nos concitoyens pour lesquels la parole donnée oblige, et qui attendent d’un élu qu’il respecte ses engagements.
Le métier d’agriculteur m’a appris à inscrire mon travail au rythme des saisons et des années, et à cultiver la patience, la persévérance et la modestie qu’imposent les réalités de la terre.
Une récolte se prépare bien avant de pouvoir en mesurer le résultat. Une terre est utilisée et conservée en bon état de production en pensant à celui qui la travaillera après vous dans le futur, et en espérant le meilleur.
Cette même exigence se retrouve dans les responsabilités de maire, d’élu local puis de sénateur : prendre soin de ce que le peuple nous confie, faire les bons choix et préparer l’avenir. Une école, des équipements communaux ou une entreprise qui se développe sont autant d’engagements qui dépassent la durée d’un mandat.
C’est dans cet esprit que je m’adresse à vous aujourd’hui, mes chers collègues.
À titre tout à fait exceptionnel, je vais me permettre d’observer exactement l’inverse de cette citation que j’ai faite mienne il y a longtemps, celle d’un grand homme d’État, le cardinal de Richelieu, dont le portrait orne le salon des messagers d’État. Il disait et répétait : « Parler peu, écouter beaucoup, et agir surtout ».
À l’orée de ce renouvellement sénatorial et d’une nouvelle session parlementaire, il est de notre responsabilité, à pleine hauteur des moyens permis et consentis par notre institution, de rétablir avec nos concitoyens la confiance dans l’avenir.
Afin que la parole et l’action publiques retrouvent leur pleine vigueur, il nous faut garder conscience de ce qu’elles engagent.
Toute mesure nouvelle exige une justification rationnelle, une appréciation de ses conséquences, une explication face aux moyens requis, car voter une dépense, c’est impérativement en assumer le financement ; demander un effort, c’est en exposer la raison et en justifier la répartition.
Nous devons toujours nous rappeler que « l’argent de l’État » est surtout et avant tout celui de tous les contribuables, ce qui implique un devoir absolu de transparence.
En dehors de tout clivage partisan et selon la sensibilité politique de chacune et de chacun, nos concitoyens sont naturellement en droit d’exiger de nous la franchise, la simplification et surtout le maintien et le respect de l’objectif prévu.
Les défis de demain sont déjà devant nous : produire davantage sur notre sol, permettre de vivre dignement de son travail, accompagner le vieillissement de notre population, transmettre à nos enfants une langue, une culture, un savoir, des traditions et une histoire commune.
Il nous faut aussi préserver nos terres et notre eau, adapter nos activités aux changements du climat et soutenir ceux à qui nous demandons ces efforts. Il faut tenir ensemble, mes chers collègues, car rien de durable ne se construit dans un pays dont les habitants ne se sentent plus complémentaires les uns aux autres.
Oui, la France en a les ressources ; oui, la France dispose de femmes et d’hommes prêts à relever leurs manches et à ramer ferme pour faire avancer leur navire. Encore faut-il un équipage dont la volonté ne soit pas perpétuellement ralentie par la paperasserie ; encore faut-il aussi un capitaine décisif et agissant ; encore faut-il pouvoir suivre un cap digne de résultats enthousiasmants.
On ne peut demander aux Français d’avancer avec confiance si l’on change sans cesse de direction. Dans cette tâche, le Sénat tient une place essentielle et incontournable.
Nous sommes les représentants de la Nation. La Constitution de la République française confie spécialement au Sénat la représentation des collectivités territoriales de la République. Nous apportons au Parlement l’expérience de la réalité du terrain. Cette connaissance doit nous préserver des lectures trop simplifiées de notre pays : chaque territoire, chaque ville, chaque commune a ses atouts, mais aussi ses manques et ses difficultés.
C’est pourquoi, devant chaque disposition sur laquelle nous aurons à statuer, nous devrons penser à ceux qui devront l’appliquer, tout particulièrement aux maires et aux élus locaux, qui doivent compter sur nous.
Nous avons le devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à accomplir leur tâche. Nous devons aussi assurer leur protection : aucun élu ne devrait subir de menace, d’intimidation ou de violence pour avoir exercé son mandat. Aucun maire ne devrait craindre pour sa famille parce qu’il a fait respecter une règle ou pris une décision. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UCI, INDEP et Union nationale pour les territoires, ainsi que sur des travées du groupe SER. – M. Ian Brossat applaudit également.) La République doit se tenir aux côtés de ceux qui la font vivre, jusque dans la plus petite de nos communes.
Notre République – la res publica, la chose publique – est à la fois ce qui nous est commun à tous, mais aussi ce dont aucun ne peut disposer à sa guise.
Notre Sénat porte un nom hérité des institutions de la Rome antique ; il nous revient de donner à cet héritage philosophique et historique de l’État de droit un sens vivant, dans le respect de notre Constitution.
Lors de notre mandat, une grande part de notre attention doit également aller à ceux qui produisent, créent des emplois et transmettent des savoir-faire : l’agriculture, l’industrie, l’artisanat et le commerce, les forces vives qui nourrissent, logent et emploient dans nos territoires. Derrière un atelier qui s’agrandit, un commerce qui demeure ouvert, une exploitation ou une entreprise qui se transmet, il y a des familles, des compétences et des années de travail au service du développement de nos territoires.
C’est là que notre souveraineté et notre autonomie se construisent. Nous devons, par tous les moyens, conserver, mais surtout développer les leviers qui nous permettent de nous nourrir, de nous soigner, de nous équiper, de produire notre énergie et, par les temps d’orage que nous traversons, d’assurer notre défense.
Nos commissions ont à cet égard une responsabilité particulière. Leurs auditions, leurs déplacements et leurs travaux nous permettent, d’une part, de confronter les engagements aux résultats et, de l’autre, de reconnaître ce qui doit être corrigé, car une loi votée n’est pas à elle seule une difficulté résolue.
Le bicamérisme apporte une garantie supplémentaire de délibération et d’équilibre.
La liberté d’expression a pour contrepartie une obligation d’écoute. La dignité de nos échanges permet à nos désaccords d’être compris et à nos arguments d’être discutés.
Dans cette Haute Assemblée – je le dis car j’y crois fortement –, on ne prend pas la parole, on la demande. Grâce à notre attitude, à nos tenues, à nos expressions et à la correction de nos interventions, notre assemblée exprime le respect dû aux concitoyens que nous représentons. (Applaudissements sur les travées des groupes Les Républicains, UCI et INDEP, ainsi que sur des travées du groupe SER.) Ces usages rappellent à chacun que sa fonction l’oblige.
Mes chers collègues, je veux maintenant adresser mes félicitations les plus chaleureuses aux sénatrices et aux sénateurs qui font leur entrée dans cet hémicycle. (Applaudissements.)
Votre élection est un honneur qui vous engage. Vous portez la confiance des grands électeurs, les attentes de vos territoires et de leurs citoyens. Soyez les bienvenus dans cette maison, qui devient la vôtre.
Sans vouloir m’identifier à l’esclave qui, lors de la cérémonie du triomphe, murmurait à l’oreille du général romain, memento mori, n’oublie pas que tu es mortel, efforçons-nous de ne pas oublier que nous ne sommes pas les propriétaires de nos mandats ; nous en sommes seulement les dépositaires au nom du peuple français, lequel nous confère un seul droit : celui d’être exemplaires.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Par lettre en date du 8 septembre 2026, M. le ministre de l’intérieur a fait connaître au président du Sénat que, en application de l’article L.O. 320 du code électoral, M. Michel Savin, démissionnaire, a été remplacé, à compter du 1er octobre 2026, à zéro heure, par Mme Annick Merle. (Applaudissements sur les...
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J’ai le regret de vous faire part du décès de nos anciens collègues Jacques Grandon, qui fut sénateur de la Vienne de 1986 à 1988, Charles Josselin, qui fut sénateur des Côtes-d’Armor de 2006 à 2008, et Jérôme Bignon, qui fut sénateur de la Somme de 2014 à 2020.
Monsieur le ministre, mes chers collègues, notre règlement réserve à la personne la plus âgée d’entre nous la charge et l’honneur de présider cette première séance. Alors, me direz-vous, suffit-il tout simplement de patienter pour obtenir ce privilège ? (Sourires.) Non, bien sûr ! Il faut surtout avoir de solides...
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Un grand homme !
(La prise de parole ci-dessus)
Très bien !
Je suis sûr que vous apporterez à nos travaux votre précieuse expérience et vos compétences averties. Vos parcours ne se ressemblent pas ; ils seront donc une richesse supplémentaire pour notre assemblée.
À celles et ceux qui ont été réélus, je tiens également à adresser mes très sincères félicitations. Une...
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L’ordre du jour appelle le scrutin pour l’élection du président du Sénat.
J’ai été saisi des candidatures de Mme Cécile Cukierman (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K.), de M. Patrick Kanner (Applaudissements sur les travées du groupe SER.), de M. Gérard Larcher (Applaudissements sur les travées des...
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Le scrutin pour l’élection du président du Sénat est ouvert.
Il sera clos quelques instants après la fin de l’appel nominal.
Huissiers, veuillez commencer l’appel nominal.
(Il est procédé à l’appel nominal.)