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16 janvier 2024 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Quoi qu’il en soit, le groupe La France insoumise a donc demandé un débat sur la position de la France concernant les traités de libre-échange, précisément pour éclairer le débat public sur cette question.D’abord, les accords de libre-échange sont un désastre environnemental. Ursula von der Leyen, qui n’est élue par personne, a beau vanter un accord « pionnier », « historique » et « ambitieux » en matière écologique, il n’en reste pas moins que les exportations de l’Union européenne vers la Nouvelle-Zélande vont augmenter de 47 %.Le gouvernement macroniste reprend à son compte le greenwashing du libre-échangisme. En effet, que n’ai-je entendu en commission, lors de l’audition de l’ex-ministre du commerce, non remplacée à ce jour ? Le Gouvernement aurait mené une « révolution » dans les accords de commerce et la « nouvelle génération » d’accords allait remettre « l’humain et la planète au cœur des accords commerciaux ». Le libre-échange est une course au moins-disant écologique, point ! Il entraîne, par définition, un accroissement illimité des flux à travers le monde.Même l’étude d’impact réalisée par la Commission européenne indique que l’accord devrait avoir une incidence sur le changement climatique par « son impact sur le volume d’activité économique dans le secteur agricole, en particulier les secteurs de la viande et des produits laitiers » – secteurs émetteurs de méthane et de protoxyde d’azote – tandis que « les flux commerciaux supplémentaires […] entraîneront une augmentation des émissions de gaz à effet de serre dues au transport de marchandises ».Le libre-échange, c’est aussi la course au moins-disant social. En validant l’accord entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande, vous portez un nouveau coup aux agricultrices et aux agriculteurs de notre pays. (M. Matthias Tavel applaudit.) En augmentant l’importation de viande bovine et ovine, de produits laitiers et de lait, alors que les coûts de production en Nouvelle-Zélande sont plus faibles qu’en Europe, vous autorisez une nouvelle concurrence déloyale.Les secteurs qui pourraient bénéficier d’un tel accord, à savoir l’agriculture en Nouvelle-Zélande et l’industrie manufacturière dans l’Union européenne, s’appuient sur des formes de travail précaires, des bas salaires et de mauvaises conditions de travail. Pour s’en tenir à la production laitière, au cours des dix dernières années, la France a perdu 24 % de ses éleveurs bovins et 650 000 têtes de bétail. Afin de pallier la baisse continue de la production laitière française et de répondre à la demande, l’importation de produits laitiers n’a donc cessé d’augmenter : en 2019, 29 % des produits laitiers consommés en France étaient fabriqués à base de lait importé. Cet accord avec la Nouvelle-Zélande, pays considéré comme « la laiterie du monde », ne pourra qu’aggraver ce phénomène.Enfin, ces accords autorisent la viande empoisonnée en France. Ainsi, alors que l’atrazine – herbicide toxique et polluant – est interdite en Europe depuis vingt ans, elle est toujours utilisée par les agriculteurs et éleveurs néo-zélandais. L’accord ne contient aucune clause interdisant l’utilisation de l’atrazine dans les produits exportés vers l’Europe. Or l’atrazine a des incidences possiblement désastreuses, notamment sur les femmes enceintes et leur f?tus. D’autre part, la Nouvelle-Zélande utilise du diflubenzuron dans les élevages – une substance chimique toxique pour l’homme et l’animal, interdite sur le sol européen depuis 2021. Après avoir renoncé à interdire le glyphosate, Emmanuel Macron et son gouvernement renoncent à l’interdiction de l’atrazine et du diflubenzuron.
La source — assemblee_nationale
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Le 27 novembre dernier, le Conseil de l’Union européenne validait en catimini l’accord de libre-échange conclu avec la Nouvelle-Zélande. Dans le plus grand secret, l’Union européenne a autorisé une augmentation de 30 % en dix ans du commerce entre l’Europe et la Nouvelle-Zélande, séparées de 20 000 kilomètres, en... Lire ▸
Exactement !
(La prise de parole ci-dessus)