Chacun fait ici le même constat alarmant : les troubles psychiatriques et les affections psychologiques augmentent, en particulier dans les deux classes d’âge extrêmes : nos aînés et les plus jeunes. Dans le même temps, la communauté médicale dans sa globalité diminue, les places diminuent et les lits diminuent. La situation, de plus en plus préoccupante, provoque déjà partout sur le territoire – en particulier en Loire-Atlantique, qui était sous-dotée en moyens –, des drames humains. Les conséquences incluent bien évidemment l’épuisement des soignants et la perte de sens. En outre, la crise du covid a fortement affecté la société dans son ensemble – les professionnels en témoignent. Face à la chute des effectifs qui crée un véritable goulot d’étranglement, un cercle vicieux s’est enclenché, conduisant à l’épuisement des professionnels du secteur et mettant véritablement en péril la bonne prise en charge des personnes qui ont besoin de soins psychiatriques.J’insisterai particulièrement sur la situation encore plus préoccupante de la pédopsychiatrie. Une hausse des tentatives de suicide est observée chez des enfants de plus en plus jeunes. Les avis sont unanimes : le tri des patients se situe parfois à la limite de l’éthique professionnelle et du professionnalisme. À cela s’ajoute un autre drame : faute de structures adaptées, des lits ferment dans les unités de soins pédopsychiatriques et des enfants – souvent ceux qui présentent les pathologies les plus lourdes – sont enfermés dans des unités adultes. Les soignants sont littéralement obligés de monter la garde devant les chambres des enfants pour assurer leur sécurité. Ce n’est pas leur métier et cela a pu mener à des situations absolument dramatiques – y compris dans ma circonscription. Loin de rejeter la faute sur les établissements – dont les soignants tentent tant bien que mal de faire face à cette crise au moyen de solutions de fortune, souvent aux dépens de leur propre santé mentale –, ce que je veux dénoncer ici, c’est l’absence criante de volonté d’enrayer cette crise. Il est donc nécessaire de redonner de l’attractivité à ces professions et d’allumer une lumière au bout du tunnel.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
J’entends bien votre constat et je le partage. Il y a effectivement des difficultés importantes. Toutefois, laisser croire que nous allons résoudre le problème en trois jours serait un mensonge. C’est la raison pour laquelle il me semble très important que nous puissions continuer à travailler sur l’attractivité.
Cela fait sept ans déjà !
Qu’est-ce que l’attractivité ? C’est la capacité de former et de rémunérer des personnels et dans un second temps de rouvrir des lits. C’est ce dont il est question. Comme vous avez pu le remarquer, M. le Premier ministre et moi-même avons souhaité précisément nous rendre aux urgences psychiatriques samedi, pour...
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La parole est à Mme Julie Laernoes.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre.
Vous avez évoqué dans la première partie de votre question l’évolution de la communauté médicale. Si celle-ci diminue, c’est pour deux raisons. Premièrement, du fait du numerus clausus, nous partons avec un retard très important en ce qui concerne le nombre de médecins : 30 % d’entre eux ont plus de soixante ans,...
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Ne vous inquiétez pas ! Nous avons les IPA !