Monsieur Roché, vous avez évoqué le fait qu’en introduisant l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, qui modifie les conditions d’exercice de tir, la loi de 2017 a eu pour effet de démultiplier les tirs, et notamment les tirs mortels. Par ailleurs, le parcours pour que les familles de victimes aient accès à la justice est encore plus difficile qu’avant compte tenu des conditions de fonctionnement de l’IGPN. Nous nous apprêtons à étudier dans quelques jours une proposition de loi visant à instituer une présomption de légitime défense pour l’usage des armes à feu par les policiers. N’y a-t-il pas là un risque de démultiplier de nouveau les tirs et de rendre l’accès à la justice encore plus difficile pour les familles ?Ensuite, nous avons entendu ce qu’a dit Mme Traoré sur la machine médiatique qui s’est mise en marche immédiatement après la mort de son frère pour le salir et construire un récit d’après lequel il aurait en quelque sorte mérité ce qui lui est arrivé. Est-ce propre à ce cas, ou doit-on considérer que le non-accès à la justice et à la reconnaissance de ces crimes policiers entraîne, à chaque fois que des gens sont victimes de violences policières, la construction d’un récit médiatique selon lequel ils auraient été défavorablement connus, ils auraient fait ceci ou cela, ou n’auraient pas porté la bonne tenue vestimentaire ? Observe-t-on systématiquement le même processus visant à inverser la réalité de la situation et à salir les victimes pour prétendre qu’elles ont d’une certaine façon mérité leur sort ?
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Mme Assa Traoré
Dix ans après la mort de mon frère, je peux vous dire qu’on ne se reconstruit pas après un tel drame et les mensonges qui ont suivi – c’est sans doute ce que vous dirait n’importe quelle famille. Nous ne nous sentons pas considérés comme une famille de victime, c’est pourquoi nous nous battons. Je me bats pour la...
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La parole est à M. Thomas Portes.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme Assa Traoré.
Mme Assa Traoré
Je pense que nous pouvons nous accorder sur ce point, monsieur Portes. Si nous sommes ici, c’est aussi pour déconstruire ce manuel et construire un contre-manuel. À chaque fois qu’il y a un mort dans les quartiers populaires, comme nous l’avons vu pour Nahel, Adama et pour tous les autres victimes, les familles...
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