Je voudrais revenir sur les ZFE, un dispositif d’apparence écologique mais très peu efficace et surtout profondément injuste socialement, comme l’a elle-même déclaré Marine Tondelier. En effet, 38 % des ménages les plus précaires possèdent un véhicule Crit’Air 4 ou 5, contre 10 % des plus riches. À Strasbourg, où je suis élu, celles et ceux qui survendent les effets réels de la ZFE sur la qualité de l’air vous mentent, car les résultats sont restés très anecdotiques : entre 2021 et 2024, seuls 3 500 véhicules ont été renouvelés sur près de 280 000. Un rapport de 2024 de l’Agence d’urbanisme de Strasbourg Rhin supérieur (Adeus) indique que les gains de qualité de l’air proviennent principalement de l’interdiction du transit des poids lourds sur la rocade et du renouvellement naturel du parc automobile. À Paris, Airparif a montré que sur les 42 % de baisse des émissions d’oxyde d’azote liées au trafic routier, seuls 6 % étaient dus aux ZFE.Le calendrier totalement irréaliste imposé pour l’application des ZFE s’est accompagné d’un désengagement de l’État, qui a privé les collectivités de moyens suffisants : suppression du leasing social, réduction drastique des aides à l’achat, suppression de la prime à la conversion et baisse du bonus écologique mal ciblé et sans encadrement des prix des véhicules neufs – ces aides ont souvent contribué à l’augmentation des marges des constructeurs, qui ont capté les subventions, laissant un reste à charge prohibitif pour les ménages. De plus, les critères imposés dans les ZFE ignorent la masse et la puissance des véhicules, ce qui favorise les modèles les plus lourds, sources d’autres pollutions, par les freins et par les pneus par exemple.L’argent public consacré à l’aide à l’achat d’une automobile aurait été plus efficace s’il avait été investi dans des alternatives en matière de transport collectif. La pollution étant un problème systémique et multifactoriel, nous défendons une bifurcation écologique fondée sur une refonte complète des politiques de mobilité et d’énergie, plutôt que le maintien des ZFE. Nous proposons un investissement massif dans les transports en commun et nous voulons tendre vers leur gratuité dans les métropoles. Nous défendons la création d’un pôle public du transport et la renationalisation de la SNCF afin de développer le réseau sur l’ensemble du territoire. Si nous partageons l’urgence d’agir face à une pollution responsable de 40 000 décès par an, nous estimons que la ZFE est un dispositif injuste et inefficace. Alors, monsieur le ministre, êtes-vous prêt à une bifurcation totale et à la massification des transports en commun ?
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
La parole est à M. le ministre délégué.
Je n’ai pas compris si vous souhaitiez poser une question en particulier. Vous avez raison de souligner le travail formidable que font tous les agents des grandes entreprises publiques et parapubliques au service de la mobilité de nos concitoyens : ce sont les premiers agents de la décarbonation du pays. Je...
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La parole est à M. Emmanuel Fernandes.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. le ministre délégué.
Je ne conteste pas que l’outil soit imparfait, qu’il faille l’améliorer ou qu’il ait été pensé de façon trop administrative. En revanche, on ne peut pas dire, d’un côté, qu’on a un problème de santé publique majeur et, de l’autre, qu’il ne faut déployer aucun outil en se contentant de bifurquer. Je veux bien que...
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