Sabine Dandiguian
L'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM) possède beaucoup de données sur les affections de longue durée (ALD) et l'on peut faire le lien entre le diagnostic et la prescription. Cela est déjà très intéressant. Il faudrait pouvoir aller au-delà des seules données concernant le médicament, pour disposer de données concernant tous les frais pris en charge et obtenir un coût par patient. Le système américain est tellement axé sur la rentabilité qu'il intègre même la prévention. Toutefois si nous avions au moins accès aux données relatives aux ALD, qui sont assez claires parce qu'elles intègrent le diagnostic, le traitement et le nombre de consultations, ce serait intéressant. Or ces données existent en France.
La source —
nosdeputes
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
Vous avez souligné le manque d'études épidémiologiques. Quel serait, selon vous, le modèle dont nous devrions nous rapprocher ?
Christophe Weber
On se rend compte qu'en France, il n'existe pas de gestionnaire de soins. La CNAMTS n'a pas un tel mandat, la HAS non plus. Pour qu'il y en ait un, il faut à la fois qu'il soit bien identifié et qu'il puisse couvrir l'ensemble des soins d'une pathologie donnée.
Les bases de données les plus robustes, actuellement,...
Lire ▸
Ces bases sont-elles gérées de façon partenariale ?
Christophe Weber
Non, ce sont en règle générale des organisations privées. Néanmoins, l'important est que ce sont des gestionnaires de soins. Il faudra qu'un jour, en France, on crée un gestionnaire de soins.
Sabine Dandiguian
(La prise de parole ci-dessus)
Louis Couillard
La France dispose d'un outil phénoménal avec cette base de données de la CNAMTS, mais on ne sait pas l'exploiter. Pour des raisons qui semblent parfois dogmatiques, on ne se donne pas les moyens d'exploiter des gisements de productivité et d'efficacité.
Sabine Dandiguian
Je ne crois pas qu'il s'agisse de raisons dogmatiques. Les données existent, mais encore faut-il organiser l'information, savoir qui y a accès et comment. Ce n'est pas facile techniquement. En tout cas s'il y avait un jour une vraie volonté politique d'y aller, au moins disposerions-nous immédiatement de données...
Lire ▸
Jean-Christophe Tellier
Culturellement, on cherche dans l'analyse des données ce qu'on veut y trouver. En fonction de la position que vous avez sur l'échiquier, vous sortez les données qui vous intéressent et, à la fin de la discussion, si ces données vont dans le sens que vous êtes censé défendre, vous les prenez, sinon vous ne les...
Lire ▸
Cela ne vient-il pas aussi du cloisonnement des professionnels de santé ? Je pense notamment aux médecins, avec la médecine de ville et la médecine hospitalière. Ce cloisonnement n'existe peut-être pas dans les autres pays. Sans compter leur résistance à rendre des comptes sur l'efficacité d'un acte médical. Ne...
Lire ▸