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11 janvier 2011 · Assemblée nationale · hémicycle Séance
Je limiterai mon propos au point essentiel qui doit nous conduire à voter cette motion de renvoi en commission : la suppression du Défenseur des enfants. Je préside le GIP Enfance en danger. Je pense donc bien connaître cette question. Le Défenseur des enfants est une autorité indépendante aujourd'hui reconnue par les instances internationales qui se sont à plusieurs reprises prononcées en sa faveur et, mieux encore, car tel était le but recherché, elle est identifiée par les enfants eux-mêmes. Tout le monde gardera en mémoire comment a été scellé son sort : brutalement, sans consultation des différents acteurs. Tout le monde se souviendra dans quelles conditions les sénateurs, qui avaient décidé de maintenir son autonomie, ont été sommés de revoir leur position sous la pression de l'Élysée. Certes, le Défenseur a gardé symboliquement son nom et retrouve ainsi quelque lisibilité. Il ne dispose toutefois pas plus que les autres adjoints d'attributions réelles. Il est placé auprès et sous l'autorité du Défenseur des droits. La Convention internationale des droits de l'enfant insiste sur le fait que, dans toutes les décisions qui concernent les enfants, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale – j'insiste sur ces deux mots. Le texte qui nous est proposé conduit, quant à lui, à une dilution et à un affaiblissement de la défense spécifique et particulière de cet intérêt supérieur, lequel n'est d'ailleurs mentionné dans le texte qu'une seule fois, ce qui ne répond donc pas aux préconisations des instances internationales. En 2000, la Convention internationale s'était réjouie de la création du Défenseur des enfants, comme l'ont souligné Marie-George Buffet ainsi que d'autres collègues, et avait fait part, dans son rapport, en 2009, de son souhait de le voir renforcé, saluant ainsi son efficacité et son exemplarité. La France a, dans ce même rapport de 2009, été montrée du doigt en raison de nombreux points négatifs en matière de protection des enfants. Je pense, en particulier, aux sujets que nous avons traités dans cet hémicycle lors de l'examen des différentes lois relatives à la prévention de la délinquance, à la modification de l'ordonnance de 1945 et aux mineurs isolés étrangers. Je ne parlerai pas des dernières annonces et notamment de la proposition de loi de M. Estrosi tendant à ramener la majorité pénale des jeunes de dix-huit à seize ans ! C'est pourquoi je pense qu'il est plus que nécessaire de renvoyer ce texte en commission pour examiner cette question à mon sens essentielle. À défaut, nous allons envoyer un message très négatif et en tout cas incompréhensible aux instances internationales, au public et plus particulièrement aux enfants de notre pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)
La source — nosdeputes
↗ http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110092.asp#INTER_2
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

Non, ce n'est pas pareil. En tant que rapporteur, j'ai souhaité auditionner de nombreuses personnes, y compris des universitaires. Je me suis déplacé chez M. Badinter pour comprendre son orientation et sa position. J'ai demandé à M. Urvoas…
Un homme compétent !
Très agréable et certes compétent ! J'ai donc demandé à M. Urvoas d'assister à un certain nombre d'auditions. Nous avons notamment entendu à plusieurs reprises des responsables d'autorités administratives indépendantes. Je ne saurais donc vous suivre lorsque vous évoquez une prétendue volonté de diluer ces AAI.... Lire ▸
Dans les explications de vote, la parole est à Mme Patricia Adam, pour le groupe SRC.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Michel Vaxès, pour le groupe GDR.
Comme vient de le démontrer excellemment notre collègue Marie-George Buffet, ce texte consacre un recul pour la défense des enfants, un recul pour la lutte contre les discriminations et le respect de la déontologie de la sécurité, un recul pour la défense des libertés dans les lieux de privation de liberté. Vous... Lire ▸
La parole est à M. Pascal Clément, pour le groupe UMP.
Mme Buffet a insisté sur le problème du Défenseur des enfants, repris par les autres intervenants dans leurs explications de vote. S'il y a un point que je ne comprends pas très bien, c'est celui-là. On peut en effet avancer que la visibilité est moins forte quand on n'est pas distingué comme l'est aujourd'hui le... Lire ▸