Patrick Bouchez
Je me contenterai de compléter quelques points.
La généralisation de l'écotaxe sur les poids lourds touchera même les véhicules utilisés pour la formation obligatoire de nos conducteurs ! Même si la majoration du prix du transport va dans le bon sens dans la mesure où elle incite à intégrer dans sa facturation le coût du voyage à vide, les taux communiqués officieusement sont insuffisants pour répercuter intégralement les charges sur le donneur d'ordre, compte tenu des coûts induits qui comprennent notamment les frais d'équipement, les frais de gestion et les frais financiers dus au décalage entre le paiement de la taxe et le règlement des clients.
Pour ce qui est du 44 tonnes, le décret du 4 décembre dernier, dont les dispositions entreront en vigueur le 1er janvier 2013, prévoit une diminution de 13 à 12 tonnes de la charge maximale à l'essieu, ainsi qu'une diminution de 31 à 27 tonnes de la charge totale autorisée pour un groupe de trois essieux – ou « tridem ». Les premières expériences montrent que, comme les véhicules ne sont pas adaptés, il faudra réduire leur chargement pour respecter ces contraintes. Il y aura donc plus de camions sur les routes qu'avant. On peut s'interroger sur l'efficacité d'une telle mesure !
S'agissant du cabotage, le dispositif actuel, pour être efficace, suppose que les pouvoirs publics effectuent des contrôles. Or certains de nos homologues étrangers, notamment d'Europe de l'Est, disposent de données statistiques d'activité sur notre sol antérieures à leur autorisation de caboter…
La refiscalisation des heures supplémentaires a un impact considérable sur le pouvoir d'achat de nos conducteurs. Nous avons pris notre part de responsabilité en signant hier des accords salariaux visant à le préserver en partie ; mais, pour ce faire, nous avons besoin que le dispositif d'allégement des charges sociales soit pérennisé. Selon nos estimations, 40 % des PME régionales de transport routier de marchandises termineront l'année 2012 avec un résultat d'exploitation négatif et, pour un tiers des autres, le résultat sera inférieur au montant des allégements de charges dont elles bénéficient. Toute remise en cause du dispositif ferait donc basculer 20 % de nos entreprises dans le rouge.
La source —
nosdeputes
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
Je partage votre sentiment : tout a été conçu dans la perspective d'une alternative à la route, mais, dans bien des endroits et pour certains types de transports, celle-ci n'existe pas !
Où en est-on de l'éventuelle mention du montant de l'écotaxe au bas de facture de vente ? Quid des transports à vide ? La taxe...
Lire ▸
Jean-Paul Deneuville
La taxe s'appliquera sur tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes, sans contournement possible – sinon de manière marginale. C'est le transport routier qui est frappé, qu'il s'effectue pour compte d'autrui ou pour compte propre.
Cela concernera-t-il aussi le ramassage du lait ?
Jean-Paul Deneuville
Oui, de même que les véhicules des collectivités locales. Tout véhicule utilitaire de plus de 3,5 tonnes, dès l'instant qu'il utilisera un axe routier, sera taxé par géolocalisation, qu'il transporte ou non de la marchandise.
Patrick Bouchez
(La prise de parole ci-dessus)
En ce qui concerne le transport multimodal, et plus particulièrement les plateformes logistiques, les équipements existants vous paraissent-ils suffisants ? Le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes donnera-t-il un coup de frein ou un coup de pouce à vos activités ? A-t-on anticipé les infrastructures...
Lire ▸
Le ministre a évoqué en novembre la mise en oeuvre d'un « paquet routier » global. Pensez-vous qu'une telle ambition contribuera à restaurer la compétitivité dans votre secteur ?
Jean-Paul Deneuville
Il s'agit en tout cas d'une initiative louable ! Je le répète : il ne peut y avoir de politique de transport que globale, prenant en considération la totalité des maillons, multimodaux et intermodaux, de la chaîne de transport, et incluant les plateformes logistiques. Cela forme un tout : la défaillance d'un seul...
Lire ▸
Patrick Bouchez
Je partage cette analyse. La répartition des volumes de fret entre les aéroports français montre qu'il existe une locomotive, Roissy, qui dessert l'arc atlantique de manière marginale. Le marché déterminera s'il est ou non pertinent d'accroître le volume de marchandises arrivant à Notre-Dame des Landes ; si la...
Lire ▸