au nom du groupe ESN. – Madame la Présidente, chers collègues, vous passez vos journées à dénoncer Trump et notre dépendance vis-à-vis des États-Unis, et vous êtes aujourd'hui en train d'accepter que l'argent public européen finance des équipements militaires américains. Je vous le dis: si vous achetez américain, vous resterez sous tutelle américaine. C'est aussi simple que cela. Parce que tout équipement de défense américain, tout composant américain restent soumis au droit américain. Washington peut bloquer une livraison, interdire une mise à jour et même s'opposer à l'usage opérationnel de l'équipement. Autrement dit, vous achetez un matériel qui ne vous appartient pas.
C'est pour cela que la France, seule puissance nucléaire du continent, dotée d'une armée exceptionnelle, a un rôle historique à jouer en Europe. Acheter français, c'est acheter souverain. Notre industrie de défense est l'une des seules au monde capable de concevoir, produire et exporter de A à Z des équipements de haute technologie. Dassault, Safran, Thales: ce savoir-faire ne dépend pas de Washington. Il est né dans nos usines, nos bureaux d'études, nos choix souverains. Il est né parce que la France, depuis des décennies, a décidé de maîtriser sa défense elle-même.
Un seul exemple: notre sous-marin nucléaire d'attaque Suffren, c'est plus d'une centaine d'entreprises françaises, 2 500 Français mobilisés et 1 million de pièces assemblées, toutes souveraines, de la première à la millionième. Voilà ce que produit une nation quand elle décide de ne dépendre de personne. C'est l'alliance la plus aboutie entre politiques, militaires, ingénieurs et industriels, l'expression même d'un génie français dans la technologie et l'industrie.
Pourquoi l'Indonésie, l'Inde, les Émirats nous achètent-ils nos Rafale? Pourquoi notre réputation est-elle incontestable à travers le monde dans ce domaine? Parce que, depuis le général de Gaulle, nous avons respecté une doctrine simple: le respect des souverainetés. Le gaullisme militaire nous a aussi légué un principe: la défense d'une nation, c'est sa survie, et la survie ne se négocie pas entre bureaucrates à la majorité qualifiée. Ce n'est pas à la Commission de dicter nos capacités militaires. Ce n'est pas à Mme von der Leyen d'envoyer nos fils sur le champ de bataille.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
au nom du groupe Renew. – Madame la Présidente, chers collègues, j'ai hésité en venant ce matin sur ce que j'allais dire: me féliciter ou m'impatienter. Il y a en effet de quoi être satisfaits, avec modestie bien sûr, mais aussi de quoi s'interroger. Commençons par le verre à moitié plein.
Nous soumettons...
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(La prise de parole ci-dessus)