- Monsieur le Président, chers collègues, 80 cas mortels de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeld-Jakob en Europe et l'Europe, son Conseil de ministres, la Commission, le Parlement décident d'interdire les farines animales et la non-entrée des bœufs âgés de plus de trente mois dans la chaîne alimentaire sans test préalable. C'est bien, mais un peu tardif.
Cinquante mille morts par an depuis des dizaines d'années, morts dues aux conséquences de l'utilisation d'une drogue dont les effets sont connus, que les médecins connaissent, que les services hospitaliers connaissent sans traitement autre que palliatif, et l'on ne fait rien si ce n'est quelques timides campagnes d'information. Et quand vient une directive visant à réglementer la distribution et l'information au sujet de cette drogue - je veux parler du tabac - on entend s'élever le tollé de certains collègues. Mais, mes chers collègues, si vous aviez réellement conscience du problème de santé lié au tabac, vous exigeriez l'interdiction de cette drogue, comme vous continuez à maintenir celle d'autres substances pourtant quantitativement beaucoup moins mortelles. Vous êtes responsables de la santé de millions de citoyens, mais aussi des milliers de morts de jeunes qui ne sont pas suffisamment informés.
Hier, aux États-Unis, des procès ont été gagnés contre les multinationales du tabac pour empoisonnement et mensonge sur la non-toxicité des produits. Aujourd'hui, en France, la caisse d'assurance maladie de la Loire-Atlantique obtient le droit de poursuivre en justice l'industrie du tabac. Mais demain, comme pour le sang contaminé ou la maladie de la vache folle, les procès seront dirigés contre ceux qui savaient et qui ont laissé faire, c'est-à-dire, vous, nous, les décisionnaires, les législateurs.
Alors faisons quelque chose ensemble, un petit quelque chose au regard de l'étendue de ce qui reste à faire : diminuer le taux de nicotine et de goudron ; interdire les substances addictives, comme l'ammoniaque qui s'ajoute à la nicotine pour entraîner une dépendance de plus en plus importante à la cigarette ; apposer des avertissements lisibles couvrant au moins 35 % de la surface du paquet pour informer la population des risques et des dangers du tabac ; éliminer les mentions mensongères comme léger et ultra-léger qui poussent les jeunes, en particulier les jeunes femmes, à fumer en croyant que c'est moins nocif alors que le corps médical s'accorde aujourd'hui à penser que la recrudescence des cancers pulmonaires à petites cellules, périphériques, plus insidieux, plus difficiles à découvrir et à pronostics encore plus tragiques est liée à la surconsommation de ce type de cigarettes ; mesurer le coût socio-économique du tabac et transformer les subventions aux producteurs de tabac en réelles subventions de reconversion, au bénéfice, par exemple, des surfaces céréalières afin de remplacer les farines animales ; admettre que les produits destinés à l'exportation doivent suivre les mêmes règles que ceux destinés au marché intérieur européen ; augmenter le prix du tabac, car c'est une mesure qui a une incidence directe sur la consommation, en particulier des jeunes, et harmoniser les taux de fiscalité.
Tout ceci n'est pas grand chose, mes chers collègues, et ne portera pas réellement atteinte aux intérêts de l'industrie du tabac que certains sont apparemment plus soucieux de défendre que les intérêts de la santé de la population. Il reste en effet beaucoup à faire : étendre cette directive aux autres produits que la cigarette comme les cigares et le tabac roulé qui ne sont pas moins nocifs ; confirmer l'interdiction de la publicité de ces produits mortels, étendre les règles collectives des zones non fumeurs. Il nous reste beaucoup de travail.
L'adoption du rapport de M. Maaten est un premier pas que je vous invite à franchir en pensant aux intérêts de la santé des générations futures.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, mes chers collègues, nous traitons ce soir d'un sujet qui ne dépend pas de notre compétence. Sans doute n'est-ce pas la première fois. Néanmoins, l'affaire semble aujourd'hui beaucoup plus grave qu'à l'accoutumée. Alors, une fois de plus, j'aborderai le fond et non la forme.
La Cour de...
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