- Monsieur le Président, je voudrais d'abord saluer dans les tribunes Imen Derwiche et Nourredine Ben Tisha, de jeunes étudiants tunisiens qui ont été torturés et emprisonnés pendant plusieurs mois.
Il y a urgence et c'est pour cela que nous avons décidé de mettre ce point à l'ordre du jour. L'existence de la plus ancienne ligue des droits de l'homme d'Afrique et du monde arabe, la Ligue tunisienne, pourtant reconnue par le président Ben Ali, est aujourd'hui en danger. Elle est soumise à une procédure judiciaire de liquidation à la suite de son dernier congrès où a été mise en place une direction qui, visiblement, ne plaît pas aux autorités tunisiennes. Son sort est l'objet d'un procès prévu le 25 décembre prochain, une date étonnante, parce que jour de fête également pour les musulmans cette année. À l'heure même où nous parlons, des forces de police encerclent les locaux du Conseil national des libertés en Tunisie et même le domicile privé de certains de ses membres. Ce déploiement policier a déjà empêché par la force la tenue du Conseil national de la ligue à Bizerte, ainsi qu'une réunion du CNLT à Tunis. Son porte-parole, Moncef Marzouki, risque plus de 10 ans de prison lors d'un procès après-demain, le 16 décembre. Enfin, des prisonniers politiques sont en grève de la faim dans les prisons depuis parfois deux mois. Certains, comme Béchir Habid, sont dans un état critique. Leur vie est en grand danger.
Oui, la répression s'accentue, les arrestations, les pratiques inadmissibles de torture se multiplient. Il ne s'agit plus seulement d'atteintes à la liberté d'expression, d'association, de réunion ; actuellement, c'est la liberté même de circulation, la liberté de parler, de recevoir qui l'on veut, qui sont devenues difficiles à exercer en Tunisie. Des hommes et des femmes sont quotidiennement harcelés, leurs familles inquiétées. C'est aussi le cas de Mehdi Zougah, citoyen franco-tunisien, arrêté à Tunis le 11 août dernier, à l'aéroport. Depuis quatre mois sa femme et ses deux enfants l'attendent chez lui à Marseille. Il passe en procès le 8 janvier prochain. Il lui est reproché d'avoir participé à une réunion d'opposants tunisiens en France, ce que d'ailleurs il nie. C'est l'arbitraire le plus complet.
Les autorités tunisiennes doivent entendre l'inquiétude et l'indignation qui s'expriment dans cette enceinte. Elles doivent entendre la représentante du Secrétaire général de l'ONU pour les droits de l'homme qui, le 7 décembre dernier, a exprimé sa vive préoccupation et demandé de mettre fin, je cite, "à la pratique de harcèlement des défenseurs des droits de l'homme". Les autorités tunisiennes doivent enfin savoir que nous sommes déterminés à ne relâcher ni l'attention ni la pression pour que les droits fondamentaux soient respectés.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
- Monsieur le Président, face à la détresse des condamnés à la prison, tous les pays d'Europe et la France en particulier, réfléchissent à la réforme des méthodes et des structures régissant les administrations pénitentiaires dans le souci d'un plus grand respect pour la dignité des personnes incarcérées quelle...
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(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, la Tunisie s'est engagée, dans le cadre de l'accord d'association qui la lie à l'Union européenne, au respect des droits de l'homme et des principes démocratiques.
Face aux nombreuses atteintes aux droits de l'homme dans ce pays, le Parlement a...
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- Monsieur le Président, chers collègues, six mois après la résolution du Parlement européen qui demandait au gouvernement tunisien de mettre fin à toute violation des droits de l'homme, d'œuvrer en faveur des libertés fondamentales, de l'État de droit et du développement de la société civile, le régime tunisien,...
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