- Monsieur le Président, je me félicite de ce débat qui se tient aujourd’hui sur le dernier sommet entre l’Union européenne et la Russie au sein de notre Parlement. Il s’agit en quelque sorte d’une réponse aux déclarations que M. Berlusconi avait formulées sur la Tchétchénie à l’issue du sommet, déclarations qui justifiaient la politique d’intervention militaire russe dans la région.
De tels propos ne reflètent pas les positions convenues par les Quinze, et mon groupe condamne vivement ces déclarations. L’Europe a exprimé son désaccord face à cette justification, mais cela peut-il être considéré comme suffisant? Je ne le pense pas. Je déplore l’importance très relative accordée par le Conseil et la Commission au dossier tchétchène ainsi que la tiédeur des condamnations à l’égard du Kremlin durant le sommet.
La vie quotidienne en Tchétchénie continue d’être un calvaire pour la population civile: l’insécurité, les disparitions, les violations des droits humains dont sont responsables les forces militaires russes se poursuivent en toute impunité. Moscou recours à l’envi à l’argument de la lutte contre le terrorisme pour tout justifier. C’est inadmissible, même s’il faut bien sûr condamner fortement les attentats commis par les groupes tchétchènes extrémistes.
La prétendue élection démocratique qui s’est tenue le 5 octobre a été, de l’avis des ONG observateurs indépendants, une mascarade. Mon groupe conteste la légitimité d’une telle consultation, laquelle vise uniquement à faire croire à la communauté internationale que la situation régionale est normalisée et que la souveraineté populaire a pu s’exercer. Or, il n’en est rien. Il est urgent que l’Union condamne enfin fermement et clairement la Russie pour sa gestion de la guerre en Tchétchénie. La reconstruction de ce pays meurtri ne pourra commencer qu’après le retrait des forces russes et la pacification globale de la région.
Seules de réelles négociations politiques peuvent permettre d’ouvrir la voie à un processus de démocratisation et de reconstruction, dans lequel l’Europe doit jouer un rôle majeur, en exerçant une pression beaucoup plus forte sur la Russie. Pourquoi pas dans le cadre des accords de partenariat? Une autre possibilité pourrait consister à soutenir le plan d’administration provisoire de l’ONU en Tchétchénie. Une telle attitude ne devrait pas être interprétée comme allant à l’encontre de la Russie ou du développement du partenariat entre l’Union européenne et la Russie, mais au contraire, comme se plaçant au service d’une paix et d’une sécurité attendues par les deux peuples.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, je crois que, quand on parle de la Russie, nous sommes tous un peu obligés d’être borgnes, ou du moins j’ai l’impression que tout le monde se sent obligé d’être borgne, et cela depuis la chute du mur et l’effondrement du régime soviétique.
À l’époque, nous nous félicitions de l’évolution...
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