- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, ce n’est pas une coïncidence si, à la veille du vote sur la résolution préparée par notre excellent collègue Luís Queiró, nous pouvons, comme il vient de nous le rappeler, nous féliciter avec lui de l’annonce, lundi dernier, de la décision du Conseil "Relations extérieures" de créer l’Agence européenne de la défense et de demander à une équipe chargée de l’établissement de cette Agence d’en proposer les modalités juridiques, institutionnelles et financières.
Tout au court de l’année écoulée, et à la faveur du choc provoqué par la crise irakienne, nous avons pu, en effet, constater une convergence nouvelle dans les approches du Parlement, de la Commission et du Conseil en matière de politique étrangère et de sécurité commune. Voilà qui laisse entrevoir l’espoir qu’en ce domaine au moins, les progrès enregistrés au sein de la Convention ne seront pas remis fondamentalement en cause par les décisions attendues de la Conférence intergouvernementale.
Cela dit, je compte au nombre de ces progrès la résolution de dépenser mieux les crédits que les différents États membres allouent à leur défense, en évitant la dispersion actuelle des efforts en matière de recherche, de développement et de productions des matériels nécessaires à la modernisation des forces. À cet effet, il faut souhaiter, Monsieur le Commissaire, et comme le demande notre rapporteur, que la communication de la Commission - intitulée questions liées à l’industrie et au marché, vers une politique de l’Union européenne en matière d’équipements de défense - offre, comme je l’espère et comme j’en suis sûr, le cadre propice à une coopération accrue.
Je crois important de souligner que l’ouverture ainsi rendue nécessaire des marchés nationaux doit viser à une meilleure économie, bien sûr, mais aussi à garantir la sécurité des approvisionnements aux niveaux national et européen. Je sais bien qu’il s’agit là d’une nécessité difficile à satisfaire, en particulier pour les États qui, à l’image de mon pays, la France, ont jusqu’ici veillé à conserver la plus large indépendance en ce domaine. Une des tâches prioritaires de l’Agence devrait consister à proposer à cette fin les modifications nécessaires aux dispositions actuelles des traités.
Gardons-nous bien, cela dit, de nous satisfaire de l’effet d’annonce de la création de cette fameuse Agence. N’oublions pas qu’avant elle existait l’OCCAR, l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement, qui, à ma connaissance du moins, n’a jamais pu être très active faute de disposer du budget communautaire minimum nécessaire à son efficacité. Prenons conscience, mes chers collègues, ceux en particulier de la commission budgétaire, que si nous ne voulons pas en rester aux velléités, nous devons, sans attendre, réfléchir à ces questions et amender le budget 2004 pour y inscrire les sommes nécessaires au démarrage des activités de l’Agence. Il ne faut pas non plus oublier de doter notre Haut représentant des moyens de son action puisque, selon la proposition du Conseil, c’est lui qui assumera la direction de l’Agence.
J’ai été heureux d’entendre, Monsieur le Commissaire, que vous avez, comme nous, la conviction qu’il faut donner, dans le domaine qui nous préoccupe, la priorité à la recherche et que c’est peut-être à ce niveau que nous pourrions entreprendre le type de projet pilote dont vous avez évoqué la possibilité.
Enfin, pour donner à notre Europe élargie la place que l’on attend d’elle sur la scène internationale, il faut la doter des moyens de son action. Il faut donc dépenser mieux, nous l’avons dit, mais il faudra à coup sûr dépenser plus. Il n’est pas facile à un responsable politique de reconnaître cette évidence, en particulier à un moment où les équilibres budgétaires sont si difficiles à établir. Je salue donc ici le courage du rapporteur et de tous ceux qui ont soutenu son rapport au sein de la commission, pour avoir écrit ou approuvé que le refus persistant de nombre d’États membres d’accroître leurs dépenses de défense risque de mettre en péril la capacité militaire de l’Union européenne et la cohérence même de son action à l’intérieur de l’OTAN. Je l’ai déjà dit dans cette enceinte, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, n’oublions pas le vieil adage français répandu sous l’Ancien régime: point d’argent, point de Suisse.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, le rapport de M. Queiró et la communication de la Commission sont dans la ligne de nos précédentes résolutions parlementaires, adoptées depuis 1984, sur la politique européenne de sécurité et de défense.
La communication de la Commission et ce...
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