rapporteur. - Madame la Présidente, mes chers collègues, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique - le NEPAD - est une initiative politique qui a été adoptée en octobre 2001 par cinq chefs d’État africains: les présidents Mbeki d’Afrique du Sud, Bouteflika d’Algérie, Moubarak d’Égypte, Obasanjo du Nigeria et Wade du Sénégal. Ces cinq pays constituent maintenant le Comité directeur du NEPAD.
Le NEPAD, en réalité, s’inscrit dans le cadre d’un projet ambitieux, connu sous le nom de "Renaissance de l’Afrique". Ce partenariat vise, en effet, à permettre à l’Afrique de devenir maître de son propre destin et fonde son originalité sur la volonté de mettre en place une dynamique intra-africaine fondée sur l’exemple. Les États membres du NEPAD s’engagent en faveur du respect des droits de l’homme, de la prévention et de la résolution des conflits, des principes de démocratie et de bonne gouvernance, mais aussi, et c’est une révolution culturelle, en faveur de la lutte contre la corruption.
Bref, il s’agit là d’une intégration régionale africaine qui créerait les conditions optimales pour inciter les investisseurs privés à participer au développement économique et social de ces pays d’Afrique. Voilà enfin, une initiative africaine crédible, qui part du principe que la participation du secteur privé est un complément indispensable à l’aide publique, face aux immenses besoins du continent africain.
Ce rapport repose sur deux pivots essentiels: la prévention et le règlement des conflits, d’une part, et la bonne gouvernance, d’autre part. En effet, la paix et la stabilité sont des conditions préalables à tout développement. C’est vrai pour les investissements publics, mais encore davantage pour les investissements privés. En effet, après un conflit, les pouvoirs publics peuvent assez rapidement reprendre les investissements. Il n’en va pas de même pour les investisseurs privés, qui doivent d’abord retrouver la confiance. De ce point de vue, le conflit en Côte d’Ivoire risque d’avoir des conséquences négatives sur l’économie de la région, et ce pour de nombreuses années.
La bonne gouvernance est indispensable au même titre que la stabilité. La démocratie et le respect de l’État de droit sont des conditions nécessaires au développement économique et humain. Avec le NEPAD, ce sont les Africains eux-mêmes qui veillent au respect de ces principes et prennent des engagements forts.
Le NEPAD comporte dix thèmes prioritaires dont les plus importants sont: la bonne gouvernance publique, la bonne gouvernance de l’économie privée, les infrastructures - dont ont connaît l’importance - l’éducation et la santé aussi, bien sûr, l’agriculture, l’environnement, l’énergie, et enfin, l’accès, difficile, aux marchés des pays développés.
Le NEPAD a suscité des échos très favorables dans les pays industrialisés, et en particulier au sein de l’Union européenne et du G8, comme nous avons pu le voir l’année dernière à Évian, même si, en fait, l’aide qui en a résulté n’a pas toujours répondu aux attentes des pays initiateurs. De manière générale, le rapport de la Commission se réjouit de l’initiative NEPAD et demande qu’elle soit mise en œuvre promptement. Il met toutefois en lumière certains domaines qui requièrent des améliorations et met en garde contre des dangers potentiels. Le rapport prend acte des critiques de nombreux acteurs de la société civile africaine et encourage les États membres de l’Union africaine, et en particulier les pays promoteurs, à permettre la participation active et démocratique de tous les segments de la société civile: ONG, syndicats, organisations patronales, Églises.
Ce rapport rappelle aussi que le NEPAD est un programme socio-économique de l’Union africaine pour le développement de l’Afrique, et non une institution indépendante. Il réitère sa conviction que tout ce qui concerne l’impulsion et le contrôle parlementaire du NEPAD doit évidemment incomber aux parlements panafricains qui se mettront en place d’ici la fin de l’année, tout en évitant les doubles efforts, les doubles dépenses et la prolifération et les chevauchements institutionnels.
Enfin, ce rapport attache la plus grande importance à la mise en œuvre et au contrôle parlementaire démocratique du mécanisme de l’évaluation des pairs africains. En conclusion, ce rapport est équilibré. Il représente bien l’essentiel des sensibilités politiques de ce Parlement. Je souhaite qu’il soit voté tel quel, sans modifications, en dehors de quelques amendements oraux.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
- Madame la Présidente, le NEPAD sera-t-il l’outil de la renaissance de l’Afrique après l’échec des autres plans? Les Verts sont peut-être les seuls à en douter. Nous soutenons évidemment le volet des droits de l’homme du NEPAD, même si nous regrettons son aspect souvent théorique. Nous ne nous attarderons pas ici...
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