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13 janvier 2004 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Madame la Présidente, le NEPAD sera-t-il l’outil de la renaissance de l’Afrique après l’échec des autres plans? Les Verts sont peut-être les seuls à en douter. Nous soutenons évidemment le volet des droits de l’homme du NEPAD, même si nous regrettons son aspect souvent théorique. Nous ne nous attarderons pas ici sur le mépris, par les auteurs du NEPAD, de toute consultation préalable des populations, pour l’élaboration du plan, et nous rappellerons que la répression contre les opposants politiques et les journalistes est toujours d’actualité en Afrique, même au Sénégal. Sur le plan économique, le NEPAD promeut le même libéralisme que celui mis en place par la Banque mondiale et le FMI, celui des plans d’ajustement structurels, celui-là même qui a mis à genoux l’Argentine, qui s’attaque aux services publics, aux services de santé, de distribution de l’eau et d’éducation, celui-là même qui, au final, augmente les inégalités et la pauvreté, en particulier celles qui touchent les femmes. Il est temps de procéder à une évaluation de l’impact des politiques antérieures de libéralisation commerciale sur le développement socio-économique et la protection de l’environnement. Le NEPAD n’est pas avare du mot de liberté: liberté des capitaux, liberté de circulation des marchandises, des biens, des services. Mais qu’en est-il de la libre circulation des travailleurs à l’intérieur de la Communauté des États africains? Qu’en est-il de la liberté des peuples à choisir leur avenir? De plus, j’aimerai attirer votre attention sur la régionalisation progressive que prévoit le NEPAD. Il est problématique que l’Union européenne soutienne de telles zones qui tendent à s’apparenter aujourd’hui à une mise sous tutelle politique et économique des pays voisins africains par les pays initiateurs du NEPAD. Ce n’est d’ailleurs pas en ignorant les enjeux liés à la dette odieuse pesant sur les pays africains que le NEPAD pourra se prétendre une solution viable. Ainsi, un allégement de la dette serait uniquement prévu pour les pays qui auront suivi ces principes néolibéraux. L’Union européenne doit demander et appliquer l’annulation totale et inconditionnelle de la dette. Promouvoir le développement durable en Afrique, ce n’est pas jeter en pâture ce continent aux multinationales et aux investissements étrangers. Ce n’est pas favoriser l’exploitation de ses ressources par des puissances étrangères. Les secteurs agricoles et miniers qui sont mis en avant par le NEPAD seront, par exemple, totalement dépendants des prix fixés par les pays du Nord. L’Afrique n’est pas à vendre. L’Afrique est à construire par et pour les Africains.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2004-01-13_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

rapporteur. - Madame la Présidente, mes chers collègues, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique - le NEPAD - est une initiative politique qui a été adoptée en octobre 2001 par cinq chefs d’État africains: les présidents Mbeki d’Afrique du Sud, Bouteflika d’Algérie, Moubarak d’Égypte, Obasanjo du... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)