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15 janvier 2004 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, il aurait était bien que, pour une fois, on puisse inscrire à l’ordre du jour de nos débats un événement heureux relatif à un État ACP: le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, indépendance qui a mis un terme à des décennies d’asservissement et d’exploitation de tout un peuple. Mais quelles célébrations pourrait-on prévoir et quelles félicitations pourrait-on aujourd’hui décemment adresser au gouvernement haïtien, tant la descente aux enfers de cette république réduit à néant tout optimisme. Un cercle vicieux a perverti les espoirs et le symbole porté par Haïti. Le Président Aristide, à une autre époque porteur du sceau de la démocratie, et rétabli dans son droit par une intervention américaine, a noyé Haïti dans les affres du tiers-monde. Cet État a plongé dans la caricature du pauvre parmi les plus pauvres du continent américain et des ACP. Une économie sociale effondrée, où l’économie criminelle prospère dans les mains de dignitaires du régime, étrangle la population et dissuade les aides régionales et internationales. De plus, les traumatismes environnementaux de la déforestation et des inondations achèvent de martyriser ce peuple désespéré. Pourtant, ce serait sceller le cercueil des Haïtiens que de baisser les bras devant un tel chaos. Cette indépendance de deux siècles a démontré les ressources, la volonté et les idéaux de ce peuple, qui seraient les ferments d’une renaissance de démocratie et de prospérité. Mais la condamnation du régime et du contexte en place ne saurait occulter les déficits laissés et les perversions commises par les États de la région ou ceux d’Occident dans le cadre de leur régime d’assistance. Rappelons-le, même le cri d’urgence du PNUD n’a pu rencontrer l’écho nécessaire pour aboutir à l’octroi d’une aide humanitaire. Le désarroi de la communauté internationale ne peut se traduire en désinvestissement de moyens et d’attention. Le contexte en place doit nécessiter une adaptation volontariste de l’accord de coopération de l’Union, en concertation avec les organisations régionales et internationales. Tout au contraire d’un repoussoir, le cas de Haïti doit être un défi et un laboratoire de transition pour l’Union dans sa coopération avec les ACP. Nous devons favoriser, en usant de fermeté, le dialogue avec la société civile, et demander un médiateur à l’ONU pour parvenir à un accord politique durable, et ce afin que le peuple haïtien retrouve le chemin de la démocratie et du développement durable.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2004-01-15_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Merci beaucoup, Monsieur le Commissaire. La discussion commune est close. Le vote aura lieu à l’issue du débat.
- L’ordre du jour appelle en discussion commune les propositions de résolution suivantes: - B5-0015/2004 de M. van den Berg et Mmes Junker et Carlotti, au nom du groupe PSE, sur la situation en Haïti; - B5-0018/2004 de MM. Khanbhai, Gawronski et Posselt, au nom du groupe PPE-DE, sur la situation en Haïti; -... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, la situation à Haïti est catastrophique en raison de la violence des bandes armées sur lesquelles s’appuie le régime, mais plus encore en raison de l’immense misère de la majorité de sa population. Son chef d’État Aristide ne mérite certes pas la moindre sympathie, ne serait-ce que parce... Lire ▸