au nom du groupe. – Monsieur le Président, dans quelques instants, Monsieur Barroso, votre Commission sera investie. Mais notre conviction est qu'il s'agit d'un succès en trompe-l'œil, car il est le produit de l'une de ces combinaisons au sommet qui attisent les crises qu'elles sont supposées résoudre. La Commission est désormais quasiment en place, mais elle a déjà mangé son pain blanc. Il y a cinq mois, une majorité absolue d'Européens manifestait une nette désaffection vis-à-vis des institutions européennes. Ils nous reprochaient de construire une Europe dans laquelle ils ne se reconnaissaient plus. Quel message leur avez-vous adressé depuis votre nomination, Monsieur Barroso, qui soit susceptible de redonner du sens à la construction européenne?
D'un côté, vous vous êtes rendu célèbre en tentant de faire prendre subrepticement à la Commission un tournant qu'on qualifierait, sous d'autres cieux, de néoconservateur, en confiant le portefeuille très symbolique des libertés, de la sécurité et de la justice au promoteur d'un modèle obscurantiste et suranné. Cela a provoqué un tollé auquel vous ne vous attendiez pas dans de larges secteurs de l'opinion européenne et c'est tout à l'honneur du Parlement de s'être fait l'écho de cette émotion en faisant échec à ce projet le mois dernier. Ce n'est en revanche pas à l'honneur du Président de la Commission d'avoir à nouveau confié des responsabilités si sensibles à un homme issu du même gouvernement, le moins crédible de tous en matière de justice et de défense des libertés en Europe.
(Applaudissements du groupe GUE/NGL)
D'un autre côté, vous avez poussé, plus loin encore que vos prédécesseurs, ce qui est au cœur de la crise de confiance des Européens dans l'Europe telle qu'elle se fait. La dérive néolibérale, le culte du "tout-marché"; à cet égard, votre refus d'entendre les contestations suscitées de toutes parts par votre façon de gérer le portefeuille de la concurrence n'est pas de nature à calmer les appréhensions.
Enfin, n'oubliez pas, Monsieur le Président de la Commission, que la majorité des Européens est, depuis le début, opposée à l'aventure guerrière du président Bush. Or, on attend toujours de votre part, malgré les douloureuses leçons livrées quotidiennement par l'expérience sur le terrain, le moindre bémol par rapport à votre malencontreuse initiative des Açores qui avait contribué à diviser l'Europe sur un enjeu de civilisation.
Un vote d'investiture est un vote de confiance. Pour les trois raisons que je viens d'invoquer, et sans porter, pour ma part, de jugements sur les personnes qui composent votre collège, nous n'avons pas confiance dans cette Commission prise dans son ensemble. Au nom de notre attachement à une vision de l'Europe dans laquelle nos concitoyens puissent se retrouver, nous voterons contre la Commission Barroso.
(Applaudissements)
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
au nom du groupe. – Monsieur le Président, chers collègues, les temps changent. Après l'imagination au pouvoir, c'est, aujourd'hui, l'hypocrisie au pouvoir. Les choses sont très claires. Nous avons démontré qu'il existait dans ce Parlement une majorité contre les présidents des plus grands groupes de ce Parlement,...
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(La prise de parole ci-dessus)