– Monsieur le Président, socialiste français et socialiste européen, je voterai demain, avec émotion et fierté, le rapport de nos deux collègues. C'est pour cela que je fais de mon intervention un hommage, un hommage à Altiero Spinelli: c'est lui qui a fait la première Constitution européenne dans cette assemblée élue au suffrage universel. Je n'oublie pas que c'était un ancien des jeunesses communistes et je me tourne vers mes collègues pour leur dire: n'oubliez pas vous-mêmes! C'est un vieux militant antifasciste, un vieux fédéraliste, et je rends hommage à nos collègues du Parlement, qui, lors de la séance du 14 février 1984, a voté ce projet. Poettering l'avait voté, Hänsch l'avait voté, Wurtz avait voté contre, Vergès avait voté contre. Ils referont pareil dans leur fidélité.
Si vous relisez le texte qu'on va voter demain, vous constaterez qu'il reprend beaucoup de choses de ce texte ancien. J'en ai pris quelques exemples. L'article 3 du rapport Spinelli consacre le principe de la citoyenneté européenne; l'article 4 le respect des droits fondamentaux; l'article 6 la personnalité juridique; l'article 9 le but de l'Union dont le plein emploi; l'article 34 parle des lois européennes; l'article 44 des sanctions. La quatrième partie, c'est la troisième d'aujourd'hui, l'article 82 la ratification, et je pourrais continuer.
Ce que je veux dire, c'est que, inscrivant le vote de demain dans cette longue histoire, cette Constitution ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe: elle est dans un grand mouvement historique. Le charbon a commencé il y a plus de 50 ans: c'était le minerai de la réconciliation. La monnaie unique, qui a plus de dix ans, l'euro, c'était la monnaie de la réunification de l'Allemagne. Alors, faisons de cette Constitution la main tendue aux peuples qui nous ont rejoints après la nuit noire du totalitarisme qui s'est terminée.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
– Monsieur le Président, Madame le Commissaire, permettez-moi tout d'abord de féliciter les deux rapporteurs, MM. Corbett et Méndez de Vigo, pour leur remarquable argumentaire. Mais aussi, permettez-moi de remercier Valéry Giscard d'Estaing, sans lequel, j'en suis sûre, nous ne serions pas là aujourd'hui à débattre...
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(La prise de parole ci-dessus)
– Monsieur le Président, plus que jamais, l'actualité nous le démontre tous les jours, nous avons besoin d'Europe. Nous avons besoin d'Europe pour nous protéger, pour initier et pour porter un modèle social original. Nous avons besoin d'Europe pour créer de la croissance, pour coordonner nos politiques économiques...
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