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11 janvier 2005 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Monsieur le Président, la Constitution est l'acte fondateur d'un État, et c'est en toute connaissance de cause que ce terme a été choisi comme le fait de donner à l'Union européenne un drapeau, un hymne, une devise et même une fête nationale. Malgré vos pathétiques dénégations, la Constitution européenne est donc bien l'acte fondateur d'un super État européen. C'est la mort de nos nations souvent millénaires, leur transformation en autant de provinces sans pouvoirs, dans cet État bureaucratique omnipotent et centralisé. Je sais que vous accusez facilement de mensonges, de ringardise, voire de crétinisme, ceux qui ne partagent pas votre croyance aveugle dans les bienfaits de l'Europe de Bruxelles. C'est commode, cela évite d'expliquer et permet de s'en tenir aux affirmations péremptoires des happy few qui savent, ou croient savoir, ce qui est bon pour les masses qu'ils jugent incultes. La crainte qu'inspire à la majeure partie d'entre vous l'organisation de référendums sur la Constitution est révélatrice de ce mépris dans lequel vous tenez les citoyens. De quels bienfaits parle-t-on d'ailleurs? Je vois moi, comme conséquence directe des politiques européennes, la ruine de nos agricultures et de nos économies, les délocalisations et la désindustrialisation, le chômage endémique et la pauvreté, la désintégration de nos systèmes de protection sociale, l'ouverture de nos frontières à l'immigration massive, au terrorisme, à la criminalité internationale. C'est vrai, l'Europe de Bruxelles n'est pas seule responsable, elle n'a pu créer ou aggraver ces phénomènes qu'avec la complicité de gouvernements, toutes tendances politiques confondues, qui ont décidé de sacrifier l'indépendance de leur pays et la liberté de leur population aux Léviathan bruxellois. La Constitution européenne parachèvera cet édifice monstrueux, commencé il y a plus de quarante ans. Vous l'appelez de vos voeux, nous la refusons parce que l'Europe et les Européens méritent mieux que ce super État sans âme. Nous la refusons au nom de la liberté, au nom de l'indépendance, au nom de la souveraineté qui n'appartient qu'aux peuples et est inaliénable, au nom du droit de ces mêmes peuples à disposer d'eux-mêmes. Les constituants ont trahi leur patrie. Leur responsabilité est écrasante. Ils seront maudits par l'Histoire et par les générations qui viennent.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-6-2005-01-11_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
– Chers collègues, je vous invite à considérer ce traité constitutionnel non pas comme un objet fini, mais en perspective. L'idée européenne n'a jamais été figée, elle ne va se figer aujourd'hui dans le texte de ce nouveau traité. Cette Constitution est une étape importante, essentielle, indispensable, mais ce... Lire ▸