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12 décembre 2017 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, chers collègues, voilà deux rapports intimement liés puisqu’ils portent, respectivement, sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Ces deux rapports ont été confiés à des députés du parti de Mme Merkel. Ce n’est donc pas étonnant d’y lire quelques contre-vérités. Ainsi, l’un des rapporteurs ose dire, par exemple, que la Russie empêcherait la résolution du conflit en Syrie, puis, au paragraphe suivant, que la priorité serait – je cite – «de consolider», pour les migrants, «une voie légale et sûre d’accès à l’Europe». Revenons à un peu de sérieux, si vous le permettez! S’agissant de la PSDC, il faut se rappeler, je cite, que «la plupart des pays européens sont incapables d’assumer leur propre défense. L’armée nationale est souvent tout juste bonne pour les défilés et quelques missions en mode multinational d’intensité et de portée moyennes». Madame Mogherini, ce constat, c’est Nicolas Gros-Verheyde qui le fait en introduction du livre qu’il a publié en avril dernier et que vous avez vous-même préfacé. Si les armées de nos différents pays s’apparentent de plus en plus à des tigres de papier, c’est d’abord parce que l’on n’a cessé de réduire les budgets de la défense, alors même que la Chine, l’Inde, l’Indonésie, mais aussi la Russie ou les États-Unis augmentent leurs dépenses dans ce domaine, qui conditionne évidemment toute politique étrangère crédible. En 2016, avec 664 milliards de dollars, le budget américain représente trois fois le budget de tous les Européens réunis. Dans son rapport, M. Gahler réclame la création d’une force européenne intégrée. Mais au lieu d’une superstructure artificielle, si nous voulons que nos armées coopèrent efficacement, il faudrait d’abord favoriser la concertation opérationnelle et logistique: c’est par la multiplication d’exercices militaires conjoints entre armées reconnaissant mutuellement la disparité de capacités et d’ambitions que des perspectives stratégiques communes pourront être définies. Seule la conduite d’opérations par des coalitions aux périmètres variés à trois, à quatre, à cinq, ou même davantage, constitue un objectif réaliste. En somme, des coopérations souples et volontaires. Enfin, à quoi sert-il de faire de grands discours sur l’Europe de la défense si c’est pour continuer à acheter du matériel américain? Après le Brexit, la France sera le seul pays européen à disposer à la fois de l’arme nucléaire et d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi d’une industrie militaire performante. Derrière des grands groupes comme Dassault, Thales ou MBDA, il existe une myriade de PME innovantes qui méritent d’être soutenues. La robotique et le biomimétisme, voilà des secteurs de défense dans lesquels nous devons investir pour ne plus nous laisser distancer par nos concurrents, qu’ils soient américains ou asiatiques.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2017-12-12_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

au nom du groupe EFDD. – Monsieur le Président, mes chers collègues, aujourd’hui encore plus que d’ordinaire, je suis fier d’appartenir au peuple français. C’est le peuple qui, dès 1954, par la voix de ses représentants, rejeta la Communauté européenne de défense. Dans la continuité des députés français, je... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
– Monsieur le Président, nous avons trop souvent, Madame la Haute représentante, regretté ici dans cette assemblée la faiblesse et la lenteur des progrès dans la mise en œuvre du traité de Lisbonne pour ne pas nous réjouir aujourd’hui de voir qu’enfin, la plupart de ces dispositions sont adoptées et vont être mises... Lire ▸