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6 février 2018 · Parlement européen · hémicycle Séance
– Madame la Présidente, nous voilà encore à débattre du régime de M. Erdogan, qui piétine allègrement les droits de l’homme dans son propre pays, mais aussi en Syrie. Au cours d’un entretien, la veille de son déplacement à Rome, celui qui se rêve en sultan d’un empire ottoman reconstitué assume son odieux chantage sur les migrants. L’accord signé en mars 2016 impose à la Turquie de maîtriser les flux de clandestins vers l’Europe, en contrepartie d’une colossale enveloppe de six milliards d’euros. C’est la lâcheté de nos dirigeants qui a permis à M. Erdogan de conclure ce marché de dupes, tout en continuant d’exiger l’adhésion à l’Union européenne, pour laquelle il reçoit déjà énormément d’argent. Face à l’arrogance de M. Erdogan, il faut être ferme car les nations européennes peuvent maîtriser elles-mêmes les flux migratoires. Elles doivent prendre exemple sur ce que font la Bulgarie et la Hongrie, qui se donnent les moyens de protéger réellement leurs frontières, contre l’avis, d’ailleurs, des commissaires européens. Aujourd’hui, la politique migratoire européenne est un «échec total». C’est ainsi que le premier ministre bulgare, qui assume désormais la présidence tournante de l’Union européenne, l’a qualifiée, jeudi dernier. Oui, comme l’a déclaré Boïko Borissov, je cite: «Nous devons maintenant préparer les migrants à rentrer chez eux». En attendant, je dénonce la résolution sur la Turquie qui sera soumise au vote jeudi. Il y est question encore des milliards d’euros que perçoit chaque année, depuis 2002, ce pays comme candidat à l’Union. Entre 2007 et 2013, la Turquie a reçu plus de subventions européennes que la Slovénie, pourtant membre de l’Union. Dirigée par un parti islamiste, la Turquie n’est européenne ni par son histoire, ni par sa géographie, sinon par les bouts de territoires qu’elle a gardés après des siècles de conquêtes et de colonisations sanglantes sur les peuples européens. Un siècle après le terrible génocide arménien, les Turcs continuent de brimer et même d’opprimer quelques communautés chrétiennes, qui subsistent dans ce pays en pleine islamisation. Après des décennies de kémalisme, où l’état laïc avait au moins le souci du patrimoine chrétien, voilà qu’on laisse tomber en ruines des vestiges classés au patrimoine de l’Unesco, comme dans l’ancienne capitale arménienne, Ani. C’est ce que nous dénonçons dans l’un des amendements qui a été déposé par notre groupe Europe des Nations et des Libertés. Par conséquent, si la Turquie peut, en effet, être un partenaire, elle ne saurait en aucun cas devenir membre de l’Union. Il est temps de le faire savoir clairement à M. Erdogan et de mettre fin au processus d’adhésion ainsi qu’aux financements totalement injustifiés qui sont actuellement pratiqués.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-8-2018-02-06_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

– Madame la Présidente, depuis juillet 2016, la situation en Turquie ne cesse de se dégrader. Des milliers de personnes croupissent dans les prisons, y compris sans qu’aucune accusation réelle n’ait été portée contre eux ou sans qu’ils puissent avoir accès à un avocat. Les témoignages de tortures se multiplient:... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)