au nom du groupe EFDD. – Monsieur le Président, Messieurs les corapporteurs, Monsieur le Commissaire, en mars 2017, la justice fédérale américaine déclassifiait plus de 250 pages de documents internes à Monsanto. Leur contenu prouvait que la firme agrochimique s’inquiétait sérieusement, il y a 20 ans déjà, du risque mutagène du glyphosate, molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde. Pourtant, à la veille de ces révélations, l’Agence européenne des produits chimiques avait publié un rapport considérant le glyphosate comme ni cancérogène ni mutagène. Pas de chance: le scandale des «Monsanto papers» venait d’éclater et allait avoir des répercussions mondiales.
Fin 2017, la Commission européenne déclarait admissible l’initiative citoyenne européenne intitulée «Interdire le glyphosate et protéger la population et l’environnement contre les pesticides toxiques». Celle-ci fut signée par plus d’un million de citoyens. Peu après, le Parlement européen créait une commission spéciale sur les pesticides. Coordinatrice pour mon groupe, j’ai assisté à l’ensemble des auditions organisées en présence des acteurs impliqués dans la procédure d’autorisation. J’ai été, je dois dire, particulièrement surprise par l’ambiguïté, voire les mensonges assénés dans certaines réponses pseudo-scientifiques des défenseurs des pesticides et des lobbies agrochimiques – tout ceci fut édifiant.
Quoi qu’il en soit, 1 141 amendements ont été déposés en commission, sans doute à cause d’un projet de rapport n’allant pas assez loin et suscitant des prises de position totalement antagonistes. Aujourd’hui, en plénière, 152 amendements sont désormais déposés, dont une grande majorité sont favorables aux pesticides. Ces amendements proposent, dans leur majorité, de supprimer les passages gênants du texte et consistent carrément à les réécrire.
Pour ma part, j’ai déposé un seul amendement, qui me semble d’une urgence extrême et qui porte sur un sujet d’une gravité difficilement contestable: il s’agit de modifier le règlement pour assurer la protection effective des groupes vulnérables. Le but est de mettre un terme, sans délai ni dérogations, à l’épandage de pesticides sur de longues distances à proximité d’habitations, d’écoles, de crèches, de terrains de jeux, d’hôpitaux, de maternités ou d’établissements de soins. Il est à noter que j’ai recueilli le soutien de la plupart des groupes politiques pour cosigner cet amendement, preuve de son caractère consensuel et équilibré.
Si les amendements pro-pesticides venaient à être adoptés et donc à dénaturer un texte déjà très timide et très décevant quant aux actions à mener, on pourra clairement affirmer qu’il s’agit une fois de plus d’une victoire des lobbies. À l’inverse, les députés peuvent sortir grandis de ce vote en adoptant les amendements qui sont tournés vers la protection des personnes vulnérables et, plus généralement, de la santé publique.
La source —
parlement_europeen
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
(La prise de parole ci-dessus)
au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, cette commission PEST a été créée à la suite des «Monsanto papers». Le but n’était donc ni de faire le procès des pesticides ni de les exonérer de tout mal, il était en fait de déterminer les failles et les collusions dans le processus européen, et bien sûr d’y...
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