au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, cette commission PEST a été créée à la suite des «Monsanto papers». Le but n’était donc ni de faire le procès des pesticides ni de les exonérer de tout mal, il était en fait de déterminer les failles et les collusions dans le processus européen, et bien sûr d’y remédier.
Comme souvent, ici, la montagne a accouché d’une souris. Comme souvent, le désir de consensus a remplacé la fermeté politique et l’écoute des peuples. Un éminent membre de cette assemblée, Bruno Gollnisch, a dit à propos de cette recherche de consensus au détriment du fond, je cite: «Ici, c’est la maison des cadeaux. Il faut faire plaisir à tout le monde et surtout à son frère, sauf bien sûr quand son frère fait partie du groupe Europe des nations et des libertés». Le résultat est logiquement un texte fourre-tout, où les seules idées qui ressortent aggravent en fait la situation. Mes propositions, en phase avec le désir des peuples, qui demandent davantage de souveraineté nationale, sont évidemment victimes d’un sectarisme politique, qui est heureusement en train de mourir.
Sur le fond, la bonne volonté des deux corapporteurs a été noyée par l’aveuglement des européistes béats. Un immense écrivain français, Bossuet, disait: «Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes». Cette maxime semble avoir été écrite pour l’Union européenne, pour ses partisans, et je pense même pour cette commission sur les pesticides.
La plupart de mes collègues s’entendaient sur un point : l’EFSA était le problème, par sa gouvernance obscure, sa gestion financière dispendieuse et sa proximité avec la grande industrie. Malheureusement, ces mêmes pourfendeurs d’une agence toute puissante veulent finalement renforcer ses moyens, son pouvoir et son influence. Autrement dit, quand l’Union européenne crée des problèmes, il faudrait plus d’Union européenne pour les résoudre.
La vague eurosceptique en Italie, en Autriche ou en Pologne, les gilets jaunes en France, le Brexit: tous ces bouleversements sont pourtant très clairs. Les peuples ne veulent pas voir leurs États mourir. Ils ne veulent pas plus d’Europe. Ils refusent des normes sans rapport avec leurs besoins.
Nos amendements partaient donc d’idées simples sur le processus d’autorisation des substances. Il doit revenir aux États dans son ensemble, il doit prendre en compte l’expérience, bien sûr, des agriculteurs dans un nouveau système de pesticido-vigilance, il doit aussi être plus transparent, il doit enfin être plus cohérent avec la politique commerciale de l’Union européenne. C’est-à-dire que si on interdit une substance en Europe, on doit évidemment aussi interdire l’importation de produits contenant cette substance.
Enfin, l’EFSA doit assumer ses actes. La plaisanterie, je pense, a assez duré. Je demande donc la démission des dirigeants de cette agence, comme postulat de base d’une refonte totale du système d’autorisation de produits, refonte que notre groupe a proposée à travers des amendements précis et concis, tout l’inverse, en fait, des textes sortant habituellement de cette institution.
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
au nom du groupe EFDD. – Monsieur le Président, Messieurs les corapporteurs, Monsieur le Commissaire, en mars 2017, la justice fédérale américaine déclassifiait plus de 250 pages de documents internes à Monsanto. Leur contenu prouvait que la firme agrochimique s’inquiétait sérieusement, il y a 20 ans déjà, du...
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(La prise de parole ci-dessus)