au nom du groupe GUE/NGL. – Monsieur le Président, c’est une drôle de sensation pour nous que de célébrer l’anniversaire du traité de Lisbonne, alors qu’il n’aurait pas dû être adopté après les résultats des référendums en France, aux Pays-Bas et en Irlande. La mise à sac brutale de la Grèce a confirmé le caractère violemment antidémocratique des institutions européennes actuelles et la nécessité de les changer en profondeur pour faire face aux deux défis de notre temps: le changement climatique et les inégalités.
Annexer la charte des droits fondamentaux au traité ne pouvait suffire à réaliser la justice sociale au sein de l’Union européenne car, en l’état des traités, cette charte demeure malheureusement un cache-misère posé sur un marché sans âme. Ces traités ne sont bien sûr pas une parole divine, il faut pouvoir les questionner sans tabou et assumer de dire que le nouveau pacte vert social et écologique ne pourra être mis en œuvre avec la puissance nécessaire dans ce cadre actuel.
L’investissement dans la transition écologique est bridé par la règle d’or qui brise également nos systèmes de protection sociale. Nous le voyons en France avec la casse de nos retraites, impulsée et soutenue par la Commission européenne et qui provoque une mobilisation historique, cette semaine encore. Nous le voyons également avec le dumping généralisé qui est encouragé par les dogmes du libre-échange et de la libre concurrence. La lutte contre l’évasion fiscale est rendue également impossible ou extrêmement difficile tant que les paradis fiscaux européens, comme l’Irlande ou le Luxembourg, disposent d’un droit de veto.
Ces traités sont utilisés comme un prétexte pour refuser d’agir, ils nous font perdre du temps alors que nous avons à mettre en œuvre une révolution sans précédent depuis l’après-guerre.
Ces règles dépassées doivent être remises à plat et c’est l’occasion avec la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Il nous faut un contrôle démocratique renforcé avec une consultation obligatoire des peuples, un droit d’initiative du Parlement, la transparence des débats au Conseil, la tolérance zéro face aux lobbies. Il nous faut des principes fondateurs adaptés à l’époque, une règle verte protégeant les ressources naturelles, un accès universel aux biens communs, des services publics sanctuarisés, un protectionnisme solidaire. Il nous faut un projet collectif renouvelé s’appuyant sur une harmonisation sociale et fiscale par le haut, en somme un pacte de progrès harmonieux et durable, plutôt que de croissance et de stabilité, une banque centrale mise au service de la transition écologique et du nouveau pacte vert.
Voilà ce qui serait à même de réconcilier les peuples européens avec l’idée même de coopération européenne. Voilà ce qui permettrait d’être capables d’agir face aux urgences de notre temps. Voilà la leçon que nous devrions tirer en cet anniversaire du traité de Lisbonne.
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
au nom du groupe Renew. – Monsieur le Président, Madame la Présidente, nous sommes à un moment très important pour l’Union européenne. Vous l’avez dit dans votre discours d’investiture, vous le savez, Monsieur le Président, vous qui venez d’accepter une charge extrêmement importante: dix ans, c’est un bel âge. En...
Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)