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18 décembre 2020 · Parlement européen · hémicycle Séance
au nom du groupe ID. – Madame la Présidente, chers collègues, que les ultimes négociations aboutissent ou non à un accord ou à un accord provisoire, qui reléguerait une fois de plus notre Parlement à un rôle de chambre d’enregistrement de décisions prises ailleurs, l’heure est évidemment au bilan, quatre ans et demi après le choix souverain du peuple britannique. Le péché originel fut ici, à Bruxelles, de critiquer et de mépriser la décision du peuple britannique, qui s’était pourtant exprimé par référendum à la majorité absolue. Dans la démarche idéologique de l’intégration européenne, tout a été prévu pour élargir, élargir toujours davantage et de manière déraisonnable; rien n’a été prévu pour permettre dans de bonnes conditions à un pays de sortir de l’Union européenne. Ensuite, vous avez négocié un accord avec Theresa May dont les termes – et vous le saviez parfaitement – étaient inacceptables pour la Chambre des communes, inacceptables pour le peuple britannique. Et évidemment, en disant que ce texte était figé, insusceptible de la moindre modification, vous espériez au fond repasser les plats et faire en sorte que les Britanniques reviennent sur leur choix. Ici, à Bruxelles, beaucoup échafaudaient des plans pour piétiner la démocratie et annuler purement et simplement le vote de 2016. Cette manœuvre fut un peu pathétique pour les institutions européennes, car Boris Johnson, sitôt après avoir gagné les élections, a évacué le premier texte. De nouvelles négociations ont été entamées. Que de temps perdu! Enfin, ce qui risque de nous coûter très cher dans les prochains jours, ça a été le refus de traiter en amont les points les plus délicats et les plus litigieux. Les règles de concurrence équitable, par exemple: on demande au Royaume-Uni de respecter les normes européennes, y compris les décisions de la Cour de justice, alors même que c’est précisément un des motifs, une des raisons pour lesquels ils ont quitté l’Union européenne. L’Union aujourd’hui négocie des accords de libre-échange, des accords commerciaux, avec le monde entier. Elle donne des avantages fiscaux, financiers et économiques à des pays parmi les plus critiquables, comme le Pakistan ou la Turquie. Et on ne parviendrait pas à un accord commercial raisonnable et équilibré avec le grand pays allié, ami et voisin qu’est le Royaume-Uni? Autre problème, bien sûr: la pêche. La pêche est un point fondamental. Espérons que les intérêts des Pays-Bas, du Danemark et de la France ne soient pas sacrifiés parce que Berlin n’y voit pas un intérêt et un enjeu fondamental. Enfin, bien sûr, nous avons un intérêt à avoir un accord de qualité avec le Royaume-Uni. Évitons de jouer les prophètes de malheur. On nous prédisait les sept plaies d’Égypte si le Brexit était voté, une pluie de calamités si Boris Johnson devenait Premier ministre; rien de tout cela n’est arrivé. Rappelons-nous simplement que la démocratie a été fondée en Europe par notre civilisation. Le Royaume-Uni a décidé de partir parce que Bruxelles, souvent, a oublié la démocratie.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-9-2020-12-18_FR.html
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

au nom du groupe Renew. – Madame la Présidente, cher Michel, John le Carré vient de nous quitter. Chacun sait ce qu’il pensait du Brexit. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été écouté. Mais aujourd’hui, il ne sert à rien de ruminer le passé. L’heure est venue de construire l’avenir des relations entre... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)