au nom du groupe ID. – Monsieur le Président, en Syrie, l’Union européenne ne fait que participer au pourrissement de la situation. Après avoir nié la participation islamiste puissante dans la rébellion syrienne, l’Union européenne a versé dans une politique revancharde qui épuise toute la région.
Ainsi, à force de refuser d’organiser le rapatriement des réfugiés syriens présents au Liban, vous êtes en train de détruire l’équilibre de ce pays tout entier. Notre folle politique de sanctions à l’encontre du peuple syrien constitue à la fois un échec politique retentissant et un scandale humanitaire historique. La galaxie mafieuse du Qatargate, qui secoue le Parlement européen, avait évidemment multiplié les initiatives de soutien à la rébellion syrienne. D’ailleurs, depuis dix ans, notre politique envers la Syrie est parfaitement alignée sur les intérêts de Doha dans la zone.
Aujourd’hui, que cela nous plaise ou non, le peuple syrien a donné la victoire à Bachar el-Assad. Le pire ennemi de la Syrie pendant dix ans, Erdoğan, multiplie désormais les signaux pour renouer avec Damas. Vous savez bien que, quand Erdoğan avance un pion au Levant, c’est que l’OTAN le veut peut-être bien. Pour le dire clairement: au lieu de soutenir l’unité territoriale et la politique de la Syrie, notre politique étrangère a tracé le chemin d’un bain de sang inéluctable. Comme toujours dans l’histoire, les États-Unis ont fini par abandonner les Kurdes. Et comme toujours dans l’histoire, les Turcs refusent absolument que les factions kurdes s’organisent à la frontière.
Résumons cette situation aberrante: la Turquie réussit en ce moment à se rapprocher de Damas, alors qu’elle soutient l’occupation illégale de la région d’Idlib par les islamistes et qu’elle a soutenu tous les ennemis du gouvernement syrien. Quant aux Européens, qui ont subi des attentats islamistes directement organisés depuis les fiefs de la révolution syrienne, pourquoi ne pourraient-il pas rétablir une relation équilibrée avec la Syrie?
Oui, l’affrontement entre les Kurdes et Erdoğan ne peut que nous émouvoir. Il faut cependant être hypocrite pour nier que nous nous indignons, mais que nous ne ferons rien d’autre.
La source —
parlement_europeen
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé
Dans la séance, autour de cette prise de parole
au nom du groupe Verts/ALE. – Monsieur le Président, merci. Où êtes-vous, M. Borrell? Ne voyez-vous rien? Le haut représentant du Service européen pour l’action extérieure n’aurait-il pas compris que M. Erdoğan veut déclencher une guerre au nord de la Syrie? L’Europe n’aurait-elle donc rien à dire pour empêcher...
Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)