– Monsieur le Président, chers collègues, vous le savez, Dominique Bernard, professeur de lettres, est mort il y a cinq jours sous les coups de couteau d’un terroriste qui a fait deux autres blessés, un agent et un enseignant. Ç’aurait pu être pire. Sauf que Dominique Bernard, au péril de sa vie, a combattu l’assaillant, laissant aux élèves le temps de se cacher et de se protéger, gagnant du temps pour que la police intervienne. Dominique Bernard est un héros, pour ses élèves, pour ses collègues, pour la France, pour l’Europe.
Mais je dois vous le dire: je suis en colère. En colère face à l’horreur absolue qui frappe simultanément la France, la Belgique et nos amis suédois – ras-le-bol des minutes de silence, des éclairages sur nos symboles nationaux! –, révoltée que, en France, trois ans après l’attentat terroriste contre Samuel Paty, l’Éducation nationale soit de nouveau en deuil!
Une société où l’on tue des enseignants est une société malade. J’ai un message pour nos enseignants, je veux leur dire une chose: vous n’avez pas failli. Vous en doutez peut-être, mais je vous le redis: ce n’est pas vous qui avez failli, au contraire! Vous êtes la digue qui résiste à la lame de fond du terrorisme, des fanatismes religieux, des séparatismes, et nos ennemis ne s’y trompent pas. À défendre ainsi la laïcité, notre histoire et nos valeurs, vous êtes le dernier bastion de la cohésion de notre société.
Face à cette responsabilité immense, nous avons un devoir d’unité envers vous – nous avons tous été élèves. À titre personnel, j’ai passé mes jeunes années dans le nord de la France, dans un lycée proche d’Arras. Je peux vous le dire: c’est l’école qui m’a élevée, c’est l’école qui a fait de moi qui je suis. L’école, oui, efface même les inégalités sociales. L’école est notre temple. Aucun élève, aucun professeur ne doit plus jamais se sentir en danger. Je remercie les enseignants. On vous fait confiance, on vous confie nos enfants, on a besoin de vous, et, en contrepartie, notre devoir est de vous protéger.
Alors, Madame la Commissaire, dites-nous: comment comptez-vous aider nos jeunes et la communauté éducative en Europe? Comment allez-vous restaurer le climat de sérénité, ô combien nécessaire? Nous avons besoin de panser nos plaies.
La source —
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– Monsieur le Président, Madame la Commissaire, chers collègues, peu de temps avant d’être assassiné par un terroriste islamiste, Dominique Bernard, professeur de français, confiait à l’un de ses collègues qu’il trouvait de plus en plus difficile de transmettre. Transmettre était sa raison d’être, sa passion:...
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(La prise de parole ci-dessus)