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18 décembre 2014 · Assemblée nationale · commission de réflexion sur le droit et les libertés à l’âge du numérique · commission Séance
Paul-Olivier Gibert
La valeur ajoutée de la vie privée se lit à plusieurs niveaux. Tout d'abord, les atteintes à la vie privée des clients peuvent être destructrices de valeur pour les entreprises, à la fois par le biais des sanctions – pour l'instant mineures – et par la perte de confiance qu'elles suscitent. Ces destructions se font par seaux alors que la valeur se construit à la cuillère ! Les effets dépendent évidemment de la sphère d'activité de l'entreprise et de l'intensité de sa relation avec le client, mais aussi de la population à laquelle on s'adresse. Les rares études sur les attentes du public en matière d'utilisation des données personnelles font apparaître quatre groupes distincts. Le premier soit ne s'inquiète pas de laisser des traces numériques, soit le considère nécessaire car il y trouve des contreparties ; le deuxième tient une position plus nuancée, estimant qu'il ne faut pas aller trop loin ; à l'autre bout du spectre, un groupe extrême voit tout élément de traçabilité et de visibilité comme une atteinte intolérable à la liberté ; enfin, un groupe intermédiaire, attentif aux révélations de l'affaire Snowden, considère que pour vivre heureux, il faut vivre caché, mais reconnaît toutefois l'utilité des outils de géolocalisation pour les personnes dépourvues de sens de l'orientation. Le même service ne jouira pas du même degré de confiance selon qu'il s'adresse à une population de tout-venant ou à sa partie geek, favorable à la diffusion d'informations et à une forme de transparence qui renvoie à une conception de la vie privée aux frontières bien plus reculées qu'il y a soixante-dix ou même vingt ans.
La source — nosdeputes
↗ http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-comnum/14-15/c1415010.asp#P2_108
Fichier d'origine conservé
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Philippe Aigrain
Tous les intervenants auditionnés par cette commission s'accordent à reconnaître que les paradigmes des années 1970 sont aujourd'hui dépassés par la multiplication des données. Le débat a porté sur le degré d'adaptation du droit européen à cette situation, les promoteurs de ce droit et les autorités réglementaires... Lire ▸
Pierre Bellanger
Nous avons mis en place ce dispositif.
Philippe Aigrain
Je m'en réjouis. Enfin, pour que le chiffrement apporte une garantie, il faut qu'il accompagne le message de bout en bout, que les clés aient été générées par l'usager lui-même et que les protocoles n'aient pas été corrompus. En effet, la NSA a dépensé 250 millions de dollars par an pendant dix ans pour corrompre... Lire ▸
Daniel le Métayer
Monsieur Gibert, vous avez bâti une société sur l'éthique et la protection des données. Quelle est aujourd'hui, pour une entreprise, la valeur ajoutée de la vie privée – sans doute variable selon le secteur d'activité et le degré de contact de l'entreprise avec le public ? Si cette valeur ajoutée n'existe pas... Lire ▸
Paul-Olivier Gibert
(La prise de parole ci-dessus)
Benoît Tabaka
Au mois de février 2012, nous avons engagé un processus avec le groupe Article 29 – qui réunit l'ensemble des autorités européennes de protection de données – en annonçant un grand changement de nos règles de confidentialité, l'idée étant de fusionner les règles des différents services en une règle unique, plus... Lire ▸
Daniel le Métayer
L'algorithme évolue régulièrement et ses paramètres changent. Il faudrait un processus continu de contrôle !
Pierre Bellanger
Faire du consentement la racine de toutes les procédures de droit revient à affirmer un droit de se faire du mal. Une telle approche – légaliser une action contraire à mes intérêts sous prétexte que j'y consens – serait acceptable si nos données étaient individuelles ; mais comme les données des différents... Lire ▸
Messieurs, je vous remercie pour vos interventions et pour vos réponses.