Gaël Perdriau
France urbaine souhaite que les maires disposent de plus de pouvoirs en matière de fermetures administratives. Nous appelons de nos voeux la publication d'un décret relatif à la consultation du fichier des immatriculations par la police municipale et souhaitons que celle-ci soit autorisée à effectuer des contrôles d'identité et à verbaliser en cas de récidive car la nécessité de joindre la police nationale affecte son autorité et sa légitimité et constitue une entrave dans le continuum de sécurité. En revanche, nous ne sommes pas favorables à une extension du champ d'action intercommunal, excepté pour la mutualisation des moyens de vidéosurveillance.
Nous déplorons que les représentants de l'AMF et de France urbaine n'aient pas été invités à participer à l'élaboration du Livre blanc de la sécurité intérieure alors même que le Gouvernement avait promis de placer la concertation avec les élus locaux au coeur de cette démarche. Il est encore temps de rectifier le tir.
Si nous sommes partisans d'un renforcement de la police municipale, il faut veiller à ce que cela n'aboutisse pas à une baisse des effectifs de la police nationale, tendance que nous avons déjà pu observer par le passé. Si la police nationale assumait pleinement ses fonctions régaliennes, les maires n'auraient pas eu besoin de créer des polices municipales.
Les maires ont fourni rapidement des équipements de protection à leurs policiers municipaux, ce qui a créé quelques tensions au sein de la police nationale et poussé certains à exercer leur droit de retrait.
S'agissant des nouvelles technologies, la balle est dans le camp du Parlement puisque la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) appelle à un encadrement législatif de dispositifs comme le couplage des capteurs sonores et du réseau des caméras de vidéo-protection expérimenté dans la métropole stéphanoise. Le prochain débat sur le traçage vous donnera sans doute l'occasion d'aborder ces questions, notamment le recours à la reconnaissance faciale demandé par le maire de Nice.
Le Gouvernement a interdit les marchés, sauf lorsqu'ils constituent le seul moyen d'accéder à des produits alimentaires frais ; dans ce cas, il appartient au maire de demander une dérogation. Nous voyons là un moyen pour l'État de se défausser de ses responsabilités : s'il y avait le moindre incident, la population se retournerait contre les maires. Nous déplorons, en outre, la grande hétérogénéité des réponses apportées par les préfets aux demandes de dérogation.
Nous abondons dans le sens du Premier ministre quand il met en avant la pertinence du couple « maire-préfet ». Une marge d'initiative doit être laissée par l'État aux maires et par le ministère de l'Intérieur aux préfets. Il faut leur faire confiance. Rappelons que c'est sur injonction du ministre de l'Intérieur que le préfet a attaqué en justice l'arrêté du maire de Sceaux.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Dans le cadre de la mission qui nous avait été confiée par le Gouvernement, Jean-Michel Fauvergue et moi avions auditionné France urbaine et l'Association des maires de France – à deux reprises. Nous avons également participé ensemble à des tables rondes. Notre rapport vise à permettre aux élus locaux de disposer...
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De nombreux maires déplorent l'écart entre discours et réalité : l'action des élus locaux est vantée mais les préfets s'opposent à leurs initiatives.
Dans le cadre du continuum de sécurité, donner davantage de prérogatives à la police municipale soulagerait la police nationale : accès plus large aux fichiers,...
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Quelles sont vos propositions pour renforcer la nécessaire coordination entre police nationale, police municipale et agents de sécurité privée ?
Les maires, devenus bien souvent « premiers de corvée », appliquent une politique sanitaire qui passe par le port de masques chez les policiers municipaux. Que pensez-vous...
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Monsieur Perdriau, voulez-vous que l'État affirme davantage son autorité ou souhaitez-vous, au contraire, que plus de marges soient données aux maires et aux élus locaux afin d'apprécier les situations locales et prendre des mesures appropriées ? Je pense, en particulier, aux décisions d'ouverture de marchés ou de...
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Gaël Perdriau
(La prise de parole ci-dessus)
Que pensez-vous de l'hétérogénéité des arrêtés pris par les maires concernant l'accès à l'espace public ou le port des masques ? Ne croyez-vous pas que cela contribue à rendre difficile la compréhension des règles du confinement par la population ?
Gaël Perdriau
On ne saurait accepter qu'il y ait des interprétations trop hétérogènes de la parole de l'État. Cela risque d'être source de confusion chez nos concitoyens et de rendre difficile le respect des ordonnances. Une pression très forte a été exercée sur les maires des grandes villes ayant interdit les marchés. Il y a eu...
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Vous reconnaissez donc que les maires doivent contribuer à ce que la parole de l'État soit interprétée de façon uniforme afin de la rendre lisible.
Alexandre Touzet
Je suis favorable à une extension des prérogatives des polices municipales, dont le travail de proximité est bien accueilli par la population. Il faut inverser la logique actuelle en leur donnant accès à tous les fichiers disponibles et en les autorisant à faire des contrôles d'identité, sauf si des motifs d'ordre...
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