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17 décembre 2020 · Sénat · hémicycle Séance
Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, l’histoire a fait de la France un grand pays de la vaccination. Louis Pasteur, mais aussi Albert Calmette et Camille Guérin ont jalonné l’histoire de notre pays, montrant tous les bienfaits de la vaccination, que nous attendons tant face à la covid-19. Oui, il faut vacciner, oui, il faut inciter à vacciner ; c’est certain. D’ailleurs, parmi les débats que nous pourrions avoir, certains pourraient porter sur la prise en charge gratuite de tous les vaccins et sur la suppression de la TVA sur les vaccins, qui serait la meilleure façon d’inciter à la vaccination. S’agissant de notre débat de ce matin, je vous rejoins sur un point, monsieur le ministre : ne créons pas de vaccinodromes, car ce serait anxiogène ! Tout acte médical doit être solennel. Il faut saisir toute occasion, s’appuyer sur la proximité et sur la confiance envers les médecins généralistes et les pharmaciens. Ces derniers ont bien montré leur efficacité avec la vaccination antigrippale en officine, à l’occasion de laquelle ils ont su capter une patientèle qui ne serait pas forcément allée se faire vacciner. Évidemment, si l’on veut être partout, la question de la logistique et des stocks sera essentielle : des guerres se sont perdues pour des questions d’intendance… Vous avez évoqué le mécanisme de l’ARN messager, mais je voudrais aussi que l’on puisse parler du messager qui va porter, partout en France, un stock suffisant de vaccins, pour que les territoires ruraux les plus isolés et les territoires ultramarins puissent en bénéficier. N’allons-nous pas nous retrouver, là encore, face à une pénurie ? L’impréparation de la campagne vaccinale antigrippale 2020-2021 est l’illustration des questions que nous pouvons nous poser, ici, dans la cinquième puissance mondiale, alors que nous devons contingenter. D’ailleurs, nous avons encore aujourd’hui des listes d’attente pour délivrer les vaccins contre la grippe… Je souhaiterais que l’on y voie clair, en attendant votre réponse, monsieur le ministre, sur les stocks réellement disponibles aujourd’hui dans le pays. On a entendu parler de 200 millions de doses, alors que c’est peut-être en réalité cinquante fois moins : c’est là qu’il va falloir que nous soyons très clairs sur le calendrier. Par ailleurs, qui vacciner ? Il y a tout de même, sur ce point, monsieur le ministre, deux ou trois choses qui me choquent. Vous avez employé un terme qui a créé beaucoup de confusion depuis le 27 octobre dernier : « essentiel ». Il y aurait des individus « essentiels » et « non essentiels » – cela me rappelle quelque chose –, mais pour moi toute vie est essentielle ! S’il n’y a pas de problème de stocks, alors il n’y a pas de problème de priorité ! (M. le ministre lève les yeux au ciel.) Tenons-nous en à assurer la distribution partout, et laissons la responsabilité à chacun d’aller se faire vacciner, comme pour tout acte médical au quotidien. La priorité ne doit pas être déterminée par classe d’âge. Je prends acte, bien évidemment, de la situation des Ehpad, monsieur la ministre : il y a un mort sur deux dans ces établissements. Ayant été, jusqu’à quelques jours à peine, président de département, je pourrais vous parler du fonctionnement des Ehpad et des points faibles qui existent à ce niveau. Quoi qu’il en soit, au-delà des questions d’âge, les médecins généralistes et spécialistes – n’opposons pas ces deux catégories – jouent un rôle essentiel : eux-mêmes doivent pouvoir définir le niveau de priorité, parce que la question des comorbidités – asthme, insuffisance cardiaque, diabète avec surcharge pondérale, etc. –, que vous n’avez pas encore évoquée, est déterminante. Il s’agit là, non pas de questions d’âge, mais bien de problèmes médicaux, qui doivent relever de la discrétion du médecin. J’espère que nous réussirons ce défi, monsieur le ministre ; en tout cas je le souhaite, car il y va de l’intérêt de tous. Dans deux cents jours, en juillet 2021, nous fêterons le centième anniversaire de la première vaccination contre la tuberculose, par Albert Calmette et Camille Guérin. J’espère que nous connaîtrons le même succès qu’eux, dont les travaux ont fait progresser l’humanité. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Avez-vous prévu que la phase de recueil du consentement et la vaccination se fassent de façon distincte, conformément à ce que prévoit l’article L. 1111-2 du code de la santé publique ? Le cas échéant, un début de vaccination contre le covid-19 dès la fin du mois sera-t-il compatible avec la législation actuelle... Lire ▸
Il vous faut conclure, ma chère collègue.
Comment l’État va-t-il pouvoir répondre à la pénurie de médecins pour vacciner dans les territoires sous-denses ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
La parole est à M. Bruno Belin, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la présidente de la commission.
présidente de la commission des affaires sociales. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, depuis de longs mois, l’épidémie de covid-19 mobilise sans discontinuer nos professionnels de santé, met à terre notre économie et démoralise notre nation. La perspective d’un vaccin est... Lire ▸
La parole est à Mme Florence Lassarade, au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.
au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, il me revient de conclure ce débat, au nom de l’Opecst ; je me réjouis que sa voix puisse être tendue dans cette discussion. Structure commune au... Lire ▸