au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, il me revient de conclure ce débat, au nom de l’Opecst ; je me réjouis que sa voix puisse être tendue dans cette discussion.
Structure commune au Sénat et à l’Assemblée nationale, sous la double présidence de Gérard Longuet et de Cédric Villani, l’Opecst « a pour mission d’informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique, afin d’éclairer ses décisions. »
Depuis le début de la crise du covid-19, l’Opecst s’est réuni très régulièrement ; un grand nombre d’experts a été interrogé, et une dizaine de notes de veille sur la pandémie, toutes disponibles sur le site internet du Sénat, ont été publiées. La question des vaccins et la stratégie vaccinale n’est pas nouvelle pour l’Office : nous avons publié en 2019 la note scientifique La Politique vaccinale en France, ainsi que le rapport L’Hésitation vaccinale, dont j’avais eu l’honneur d’être la rapporteure avec deux collègues députés, Cédric Villani et Jean-François Eliaou.
Pour alimenter le débat d’aujourd’hui, l’Opecst a désigné quatre rapporteurs : deux sénatrices – Sonia de La Provôté et moi-même – et deux députés. Nous avons travaillé de façon très approfondie au cours des deux dernières semaines et mené, parfois jusqu’à tard le soir, un grand nombre d’auditions afin d’établir des recommandations sur la stratégie vaccinale face au covid-19. L’Opecst a adopté avant-hier ce rapport, qui comporte vingt-trois recommandations. Je ne vais pas toutes les exposer, mais je tiens à vous présenter quatre des plus importantes d’entre elles.
Premièrement, ce vaccin constitue une avancée scientifique majeure. Le SARS-CoV-2 provoque des réactions très hétérogènes selon les personnes. Nous savons aussi qu’il tue, l’âge étant le principal facteur de risque. Dans l’urgence, le vaccin protège les plus fragiles et évite la survenue de la maladie.
Nous pensons que le vaccin Pfizer-BioNTech, qui sera le premier disponible, présente une balance bénéfices-risques favorable, pour protéger notamment les personnes âgées en leur évitant de développer une forme grave de la maladie. Il est donc intéressant de leur proposer l’administration de ce vaccin en priorité, dans l’attente des autres produits qui arriveront plus tard et qui pourront ralentir davantage l’épidémie, voire la supprimer.
Je le répète, nous ignorons toujours quelle sera la durée de protection liée au vaccin et si celui-ci empêchera la transmission de la maladie. En résumé, si l’intérêt individuel du vaccin est d’ores et déjà certain, l’intérêt collectif, quant à lui, l’est moins. (M. le ministre acquiesce.)
Deuxièmement, afin d’assurer le succès de cette protection vaccinale, la définition d’une stratégie adaptée, de même que la qualité de la logistique sont essentielles. Le défi est immense, surtout du fait des contraintes particulières liées au vaccin Pfizer-BioNTech : stockage à –80 degrés Celsius, durée de transport maximale de douze heures, délais d’exécution de quatre jours et demi, etc.
Nos recommandations sont simples, et il est impératif que la première phase de la vaccination soit réussie pour favoriser l’adhésion de la population, ce qui suppose de ne pas se précipiter. Nous pensons aussi que les professionnels de santé qui le souhaitent et les personnes au contact de publics fragiles devront pouvoir être vaccinés rapidement, si ce n’est prioritairement.
Il conviendra surtout de s’appuyer, en confiance, sur les professionnels de santé de ville, en les informant largement de tous les aspects de la stratégie de vaccination et en prenant rapidement l’arrêté qui permettra l’intervention de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, l’Oniam, afin que soit garantie l’indemnisation des incidents de vaccination qui pourraient survenir.
Il faudra aussi que le traçage des vaccinations opérées soit efficace, ne serait-ce que pour réaliser la seconde injection, indispensable pour assurer l’efficacité du premier vaccin, au moins. Le carnet de vaccination électronique est un outil intéressant, qui pourrait être mis en œuvre dans la stratégie vaccinale.
Troisièmement, la rapidité avec laquelle les sociétés américaines ont pu mettre au point un vaccin innovant doit nous interroger sur notre capacité à soutenir la recherche et l’innovation dans le domaine médical.
S’il est tout à fait positif que les pays européens aient choisi de négocier collectivement l’achat de vaccins avec les grands laboratoires, il est aussi manifeste que nous ne disposons pas des outils permettant d’investir massivement dans le développement des médicaments stratégiques ou innovants. La Biomedical Advanced Research and Development Authority, ou Barda, américaine, qui a investi 10 milliards de dollars, sous la forme de partenariats public-privé, pour la mise au point de vaccins, permet aujourd’hui aux États-Unis de bénéficier de livraisons prioritaires et de conditions de prix plus favorables. L’Europe devra s’en inspirer.
Quatrièmement, et surtout, il nous faut gagner la confiance de nos concitoyens.
Cette confiance est possible : quelque 15 millions de vaccins contre la grippe ont été administrés dans notre pays en un temps record, à savoir moins de six semaines ! Il faudra répondre aux craintes qui s’expriment dans ce contexte de crise avec un nouveau virus, en explicitant l’analyse bénéfices-risques dans la concertation, la publication des travaux devant aussi contribuer au climat de confiance. Cette dernière ne sera possible que grâce à une totale transparence dans la mise en œuvre de la stratégie de vaccination.
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, l’histoire a fait de la France un grand pays de la vaccination.
Louis Pasteur, mais aussi Albert Calmette et Camille Guérin ont jalonné l’histoire de notre pays, montrant tous les bienfaits de la vaccination, que nous attendons tant face...
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La parole est à Mme la présidente de la commission.
présidente de la commission des affaires sociales. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, depuis de longs mois, l’épidémie de covid-19 mobilise sans discontinuer nos professionnels de santé, met à terre notre économie et démoralise notre nation. La perspective d’un vaccin est...
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La parole est à Mme Florence Lassarade, au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.
(La prise de parole ci-dessus)
Il faut conclure, ma chère collègue.
au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. J’ai terminé, monsieur le président !
Cela signifie en particulier que la vaccinovigilance devrait être active et renforcée. Elle nécessitera une communication claire et adaptée.
Il faut vraiment conclure !
au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Pour réussir, cette vaccination devra s’appuyer sur les compétences et l’engagement des professionnels de santé, des élus locaux et du Parlement. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)