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14 décembre 2022 · Sénat · hémicycle Séance
Ils avaient 23 ans. Ils sont morts pendus, l’un d’eux en public, condamnés par le régime des mollahs iraniens pour crime de guerre contre Dieu. Ils avaient un nom : Mohsen Shekari, Majid Reza Rahnavard. En leur mémoire, j’aimerais que le Sénat respecte quelques instants de silence. Nous pouvons craindre qu’ils ne soient que les premiers d’une longue liste. En effet, le régime iranien a annoncé avoir condamné, via une justice expéditive, neuf autres personnes à la peine capitale dans le cadre des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini. La répression s’abat, aveugle, violente, sanglante. Depuis le début de la contestation, plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées ; plusieurs centaines sont mortes ; 400 viennent d’être condamnées à des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison. Les séides du régime veulent écraser un mouvement populaire dans lequel les femmes sont en première ligne et qui a l’émancipation pour but. « Femme, Vie, Liberté ! » : ce slogan est porteur des espoirs d’un peuple. Nous devons être à la hauteur de cet espoir. Le 9 novembre dernier, ma collègue Marie-Arlette Carlotti vous interpelait pour demander que la France exige l’exclusion de l’Iran de la commission de la condition de la femme des Nations unies. Malgré le retard, je suis heureux que votre gouvernement ait fini par écouter cette juste revendication. Cette exclusion est actuellement en débat à New York. Certes, des sanctions ont été prises par l’Union européenne. Certes, les condamnations internationales existent. Mais sont-elles suffisantes devant l’ampleur de la répression ? Mes chers collègues, un baril de pétrole vaut-il plus que le sang d’un manifestant ? Aussi, ma question est simple : alors que le peuple iranien se bat pour les droits humains, comment la France peut-elle l’aider ? Comment la France peut-elle agir, au sein de l’Union européenne, pour que la répression cesse et que la jeunesse iranienne, éprise de liberté, remporte son combat de lumière contre l’obscurantisme ? (Applaudissements.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

La séance est ouverte. (La séance est ouverte à quinze heures.)
Le compte rendu analytique de la précédente séance a été distribué. Il n’y a pas d’observation ?… Le procès-verbal est adopté sous les réserves d’usage.
L’ordre du jour appelle les réponses à des questions d’actualité au Gouvernement. Madame la Première ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, je vous rappelle que la séance est retransmise en direct sur Public Sénat et sur notre site internet. Au nom du bureau du Sénat, j’appelle chacun de... Lire ▸
La parole est à M. Patrick Kanner, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la Première ministre.
Première ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le président Patrick Kanner, « Femme, Vie, Liberté ! » : ce slogan est né en Iran, mais il en a très vite dépassé les frontières. Ces trois mots sont un symbole puissant et un appel à la liberté. En Iran, le régime dénie leurs... Lire ▸
La parole est à M. Patrick Kanner, pour la réplique.
Le Sénat a soutenu l’Arménie ; le Sénat a soutenu l’Ukraine : nous voulons aussi soutenir le peuple iranien dans son combat pour la liberté. J’aimerais qu’un jour celui-ci puisse faire siennes les paroles du beau poème de Paul Éluard, Liberté, écrit en 1942, et dire enfin : « Liberté, j’écris ton nom. »... Lire ▸