Première ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le président Patrick Kanner, « Femme, Vie, Liberté ! » : ce slogan est né en Iran, mais il en a très vite dépassé les frontières. Ces trois mots sont un symbole puissant et un appel à la liberté.
En Iran, le régime dénie leurs droits aux femmes. Il les cible pour ce qu’elles sont. L’oppression que subissent les femmes ne date pas de la mort tragique de Mahsa Amini. Elle s’incarne dans les lois du pays : port du voile obligatoire, mariage précoce dès la puberté, interdiction de l’avortement, crimes d’honneur, etc. En Iran, devant les tribunaux, la parole d’une femme vaut la moitié de celle d’un homme.
Face à la négation de ces droits humains, un mouvement de protestation est né. Celui-ci ne faiblit pas : il s’est étendu à toute une partie de la jeunesse et se poursuit depuis maintenant deux mois, malgré la répression violente, qui a fait plus de 500 morts, dont des dizaines d’enfants. Au moins 15 000 personnes ont été arrêtées. Deux Iraniens ont déjà été condamnés à mort et exécutés à la suite de leur participation aux manifestations. Ce mouvement se poursuit malgré l’emprisonnement de toujours plus de journalistes.
Le Président de la République a eu l’occasion de dire notre admiration, notre respect et notre soutien à celles et ceux qui défendent les droits fondamentaux en Iran. Qu’il me soit permis, au nom du Gouvernement, de leur rendre hommage, de leur dire que nous sommes avec eux.
Face à la gravité de la situation, la France n’est pas impassible. Nous agissons, monsieur le président Kanner, de manière forte, ferme et résolue. Avec nos partenaires européens, nous avons envoyé lundi dernier, pour la quatrième fois, un signal puissant d’unité et de fermeté aux autorités iraniennes.
Nous avons encore élargi la liste des personnes et entités faisant l’objet de mesures restrictives en y ajoutant vingt membres du régime, ainsi que la radiotélévision iranienne Irib.
Nous prenons des sanctions significatives : gel des avoirs, interdiction de pénétrer sur le territoire de l’Union et interdiction de mettre des fonds ou des ressources économiques à la disposition des personnes et entités concernées.
Notre ligne est claire : nous mettrons tout en œuvre pour que le régime iranien sorte de sa logique de répression.
Nous avons ainsi adopté, voilà deux jours, de nouvelles conclusions du Conseil de l’Union européenne sur l’Iran, qui établissent un cadre d’action européen d’une grande fermeté.
Enfin, nous soutenons les aspirations démocratiques du peuple iranien. La ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Catherine Colonna, a remis samedi, avec son homologue allemande, le prix franco-allemand des droits de l’homme à Mahsa Amini et aux femmes iraniennes.
Nous poursuivrons ces efforts sans nous laisser intimider. Le régime cible nos ressortissants ; certains d’entre eux sont détenus dans des conditions inacceptables. Nous continuons d’exiger leur libération. Ceux qui se trouvent en Iran, ou qui envisagent de s’y rendre, s’exposent à des risques de détention arbitraire. Je veux donc ici renouveler mon appel à la plus grande vigilance.
Monsieur le président Kanner, je le redis, la France est et restera aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui combattent pour la liberté, pour les droits humains. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et RDSE, ainsi que sur des travées des groupes SER et UC.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
L’ordre du jour appelle les réponses à des questions d’actualité au Gouvernement.
Madame la Première ministre, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, je vous rappelle que la séance est retransmise en direct sur Public Sénat et sur notre site internet.
Au nom du bureau du Sénat, j’appelle chacun de...
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La parole est à M. Patrick Kanner, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Ils avaient 23 ans. Ils sont morts pendus, l’un d’eux en public, condamnés par le régime des mollahs iraniens pour crime de guerre contre Dieu. Ils avaient un nom : Mohsen Shekari, Majid Reza Rahnavard. En leur mémoire, j’aimerais que le Sénat respecte quelques instants de silence.
Nous pouvons craindre qu’ils ne...
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La parole est à Mme la Première ministre.
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Patrick Kanner, pour la réplique.
Le Sénat a soutenu l’Arménie ; le Sénat a soutenu l’Ukraine : nous voulons aussi soutenir le peuple iranien dans son combat pour la liberté. J’aimerais qu’un jour celui-ci puisse faire siennes les paroles du beau poème de Paul Éluard, Liberté, écrit en 1942, et dire enfin : « Liberté, j’écris ton nom. »...
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La parole est à M. Éric Gold, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE. – M. Alain Cazabonne applaudit également.)
Monsieur le ministre, malgré des efforts notables pour le déploiement de la fibre, pas une semaine ne passe sans que les élus locaux soient sollicités pour des dysfonctionnements : chantiers techniques abandonnés, coupures fréquentes liées au réseau aérien, travail bâclé sur les raccordements, refus d’installer le...
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