Permettez-moi, monsieur le président, d’associer le groupe RDSE à vos propos de soutien au territoire de Mayotte et à ses habitants.
Pour certains, devoir voter ce texte par nécessité, parce que la France n’aura pas réussi à se doter d’un budget au 1er janvier, constitue l’épilogue cruel d’un chantage à la motion de censure dont l’issue ne faisait guère de doutes : « La bourse ou la vie ! », en somme.
J’y vois surtout un échec collectif, dont je prends ma part. Nous pouvons nous interroger sur la responsabilité des uns et des autres ; celle des parlementaires, celle du Gouvernement, celle du Président de la République et celle des institutions. Mais chacun doit aussi s’interroger en lui-même, car il n’est pas d’échec collectif qui n’ait, en vérité, engagé de responsabilité personnelle.
Le tragique dans cette histoire est que cet échec pourrait n’être que la première étape de la chute d’un régime vieillissant, affaibli et cerné par les populismes.
Le piège se referme lentement sous nos yeux. Le régime s’enfonce tout seul dans une nasse bien tendue, affaibli par l’avachissement de ses institutions et par l’usage qui en est fait. Il est affaibli aussi parce que la comptabilité et la gestion des risques ont supplanté l’humain et les idéaux politiques, à mesure que la bureaucratie a pris le pas sur les élus. Partout dans le monde, la victoire des populistes se fait contre les establishments. Cette situation doit nous interpeller.
Évidemment, le groupe RDSE votera en faveur de cette loi spéciale, afin de permettre un fonctionnement minimal de l’État. Mais nous appelons de nos vœux la convocation en urgence d’une conférence budgétaire, pour qu’une majorité arithmétique de parlementaires volontaires se constitue et fasse face à quelques points d’achoppement essentiels, avant de reprendre l’examen du budget 2025.
Cette conférence doit être la plus large possible. Le dialogue doit réunir les démocrates de toutes les familles politiques, qui accepteront de considérer en priorité l’intérêt des Français. En effet, c’est bien d’eux qu’il s’agit !
Les dernières prévisions de l’Insee, il y a deux jours, sont alarmantes. En 2025, la croissance sera très affaiblie, a fortiori si la commande publique ralentit. Les exportations seront fortement concurrencées par la production chinoise. Le logement et l’immobilier s’enfoncent déjà dans la crise. Les agriculteurs, comme vous le savez, sont aux abois.
Chacun comprend qu’il sera impossible de construire un budget satisfaisant pour tout le monde, mais la gravité de la situation exige que nous trouvions un accord minimaliste, le moins mauvais possible. Concéder une victoire au compromis, en pareil cas, n’a rien de déshonorant.
L’une des clés sera certainement de revoir l’objectif de réduction des déficits. Nous continuons de penser que la marche de 60 milliards d’euros dès cette année était trop haute. Nous devons négocier entre nous, puis avec l’Europe, la trajectoire de retour à l’équilibre de nos finances publiques.
Soyons lucides, mes chers collègues : notre vie politique continuera d’être traversée par des combats qui s’amplifieront, par des désaccords très profonds et par le retour des idéologies, qui viendront percuter les défis actuels : le mur de la dette, le changement climatique, la mondialisation et le financement du système de protection sociale.
Serons-nous capables de faire surgir de la mêlée des solutions démocratiques, pour protéger non pas les intérêts d’un système, mais ceux des Français, et pour retrouver le chemin de l’ambition républicaine ? Le groupe RDSE veut croire qu’aucun Himalaya n’est infranchissable. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
La source —
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Très bien !
Pendant que nous prenons sur l’agenda parlementaire pour un tel texte, le temps court, avec son lot de défis et de difficultés.
Pour l’heure, mes chers collègues, à nous d’adopter au plus vite ce projet de loi spéciale, que notre groupe votera évidemment, et de nous tenir prêts pour la discussion budgétaire à...
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Bravo !
La parole est à M. Raphaël Daubet. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Vincent Capo-Canellas. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi qu’au banc des commissions.)
Monsieur le président, je m’associe tout d’abord aux pensées que vous avez adressées à nos compatriotes de Mayotte, auxquels je renouvelle l’expression de notre pleine solidarité. Je salue également la mobilisation des services de l’État.
Je formulerai quatre observations rapides sur ce projet de loi...
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La parole est à M. Pascal Savoldelli. (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K.)
Monsieur le président, vous avez eu raison, vraiment, de nous réunir en un hommage unanime au peuple mahorais. Et nous avons raison de réclamer une réactivité forte et durable de l’État. Je dis bien « durable » : il faudra que nous soyons très vigilants sur ce point !
J’en profite pour vous demander, messieurs les...
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