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14 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
ministre d’État. « J’affirme que tous les partis dits de gouvernement ont une responsabilité dans la situation créée ces dernières décennies. Et j’affirme que tous les partis d’opposition, demandant sans cesse des dépenses supplémentaires, ont également dansé le tango fatal qui nous a conduits au bord de ce précipice. « Cette dette est une épée de Damoclès au-dessus de notre pays et de notre modèle social. C’est d’autant plus grave que nous sommes entrés dans un monde nouveau. Nous sommes passés de la force de la loi à la loi de la force. (Exclamations sur les travées des groupes SER et Les Républicains.) « Le 24 février 2022, au vu et au su de la planète, l’une des principales puissances du monde, puissance géographique et militaire, la Russie de Vladimir Poutine, a jeté son dévolu sur un État souverain, l’Ukraine – un pays de la taille de la France ! –, pour l’annexer, fait sans précédent sur le sol européen depuis soixante-quinze ans. « Cette agression a été un signal : celui du règne de la force brutale. C’était rampant ; c’est aujourd’hui affiché. « Évidemment et significativement, l’Iran et la Corée du Nord, autres maillons de cette chaîne de puissances décidées à ne plus se laisser arrêter par des règles dont ils contestent désormais la légitimité même, sont entrés dans le soutien à l’agression de Vladimir Poutine. « Les dirigeants chinois ne sont pas en reste. En faisant l’éloge d’un monde multipolaire, la Chine tisse le réseau de sa domination économique, technologique, diplomatique et militaire. L’excédent commercial chinois vient de franchir le cap – écoutez bien ! – des 1 000 milliards de dollars. C’est une stratégie programmée depuis dix ans et qui vise purement et simplement à remplacer notre industrie. « Nous avions, dans la défense de ces règles bafouées, un grand allié, parfois incommode : les États-Unis. Or ceux-ci ont choisi, par d’autres voies, la même politique de puissance et de domination : l’offensive monétaire, la captation de la recherche mondiale, la poursuite de l’application extraterritoriale de leur droit, la domination technologique par des entreprises de taille planétaire et le pouvoir que tout cela donne d’intervenir dans la vie démocratique d’autres États. « De ce nouvel ordre mondial, ou plutôt de ce nouveau désordre mondial, qui menace tous les équilibres et toutes les règles de la décence, Elon Musk n’est que le visage débridé. Mais, fait inédit, le président réélu des États-Unis articule lui-même des menaces d’annexion de territoires souverains : le Groenland, le canal de Panama et même le Canada. « Il est temps de regarder les choses en face. C’est à nous de signifier à ces grandes puissances, que nous respectons, qui nous sommes, car sans notre détermination, elles l’oublieront. « Dans le nouveau monde de la force brutale, la France a ses propres atouts. Sa diplomatie, la force de son armée et l’engagement de ses militaires, auxquels je rends ici hommage. Ils nous protègent collectivement. C’est d’ailleurs pour moi l’occasion d’évoquer le sort de nos otages retenus par le Hamas, ainsi que celui de tous nos otages dont nous demandons la libération. « Mais pour que la France fasse vivre son trésor de civilisation et continue de le partager avec le monde, l’Europe – notre Europe – doit devenir une communauté stratégique, une puissance politique et de défense à la dimension de la puissance économique qu’elle devrait être. Il y a à cela une seule condition : que nous acceptions de nous définir et de nous affirmer ensemble. « La construction d’une communauté politique pour faire vivre cette communauté de civilisation, c’est la question qui domine depuis 1945. À cette construction ont contribué, chacun à sa manière, le général de Gaulle, Jean Monnet et Robert Schuman, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, Jacques Delors et Emmanuel Macron. (Marques d’ironie sur des travées du groupe Les Républicains.) « Tous ont partagé une conviction : l’indépendance de la France dépend de celle de l’Europe, et réciproquement. La prospérité de la France dépend de celle de l’Europe, capable, si elle le veut, de devenir le premier marché de la planète, de parler technologie, industrie et agriculture à égalité avec les États-Unis et la Chine, comme l’a récemment montré le rapport de Mario Draghi. « Néanmoins, l’Europe est travaillée, elle aussi, par des ferments inutiles de division. Si nous ne reconstruisons pas patiemment, comme le Président de la République le fait jour après jour, à la fois la place de la France en Europe et la vision française de ce que doit être l’Europe, alors nous deviendrons insignifiants et, immanquablement, nous entrerons dans la soumission. Toutes les sensibilités rassemblées au sein de l’équipe gouvernementale sont unies par cette conviction commune, ce que je salue. « C’est dans cet esprit que j’ai constitué mon équipe gouvernementale. Elle reflète au mieux l’union des grandes sensibilités du pays, avec de l’expérience, de l’enracinement et de fortes personnalités. « Cette équipe porte un message : comme aux heures où le sort même de notre nation était en question, l’intérêt général oblige à dépasser les préférences partisanes, pour que le pays se ressaisisse. « Je doterai chaque ministre d’une feuille de route, et chaque feuille de route sera communiquée et partagée avec les commissions compétentes du Parlement et du Conseil économique, social et environnemental. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.) « Je tiens en effet à ce que la société civile organisée ait pleinement voix au chapitre. J’ai confiance dans les partenaires sociaux. Je crois qu’ils ont entre les mains une part décisive de l’avenir national. « C’est aussi cela la nouvelle méthode démocratique : en finir avec les injonctions du haut vers le bas, et redonner place à la vie démocratique, avec les citoyens, les élus et tous les corps intermédiaires qui constituent la nation française. « Cette équipe de ministres reflète des choix révélateurs. « L’éducation nationale est à sa place : la première ! Et elle est confiée à une personnalité, ancienne Première ministre, exemple de méritocratie républicaine et de service de l’État (Exclamations amusées sur les travées des groupes CRCE-K, SER, GEST et Les Républicains. – L’oratrice sourit.), assistée de l’ancien président du Centre national d’études spatiales (Cnes) et spécialiste des universités. « Les outre-mer viennent ensuite. Cet engagement n’a jamais été porté aussi haut dans notre histoire. »
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

Les « gilets jaunes », c’est sa faute !
ministre d’État. … « puis le covid et un pays à l’arrêt, enfin la guerre en Ukraine, l’inflation et l’explosion du prix de l’énergie. » (Exclamations sur les travées des groupes CRCE-K, SER, GEST et Les Républicains.)
C’est Bruno Le Maire !
N’oubliez pas les cadeaux fiscaux !
(La prise de parole ci-dessus)
C’est faux ! Pierre Messmer a fait bien plus !
ministre d’État. « J’ai considéré que ce sujet et nos compatriotes, à ce moment précis de notre histoire commune, avec tous les risques et tous les dangers qui les entourent, devaient être promus au rang de toute première préoccupation de la Nation. « Manuel Valls, ancien Premier ministre, »… (Exclamations... Lire ▸
Un excellent Premier ministre…
ministre d’État. … « a accepté d’en prendre la lourde et passionnante responsabilité. « Les questions de sécurité sont brûlantes pour nos concitoyens. J’ai souhaité une coopération étroite entre les ministères de la justice et de l’intérieur, pour leur confier la restauration de l’autorité de l’État, qui est... Lire ▸