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14 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
ministre d’État. « L’entreprise produit les richesses et l’emploi pour tout le pays grâce à ses dirigeants, ses chercheurs, ses cadres, ses salariés. Mais si elle se voit surchargée de prélèvements et de normes, alors elle cesse de produire. Le trésor est dans l’activité, la créativité et la souplesse. « Cette œuvre de réconciliation à laquelle mon gouvernement doit s’atteler, comme nous tous, ne sera possible que si nous offrons une perspective à notre pays. Nos efforts doivent être tendus vers un but qui suppose lucidité, courage et espérance, celui d’une nouvelle promesse française. C’est une œuvre de refondation républicaine que nous vous proposons. « Cette promesse française offre à chacun les conditions de sa dignité en tant que citoyen et en tant que personne. La France ne s’en remet pas à la seule loi du marché pour cela. « La France a toujours porté en elle l’idée de fraternité et de solidarité : la solidarité envers chacun, quel que soit son milieu de naissance, son accent, sa couleur de peau, sa condition. « C’est, pour tous, la possibilité de s’affirmer et d’avoir parfois une deuxième ou une troisième chance de le faire quand les difficultés de la vie donnent l’impression que l’échec est définitif. Telle est l’intuition fondatrice que le Président de la République a défendue en 2017, et je veux la réaffirmer ici. « La promesse française, c’est aussi l’attention portée à l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce combat de civilisation, nous devons le porter ici et ailleurs, partout où les femmes subissent l’intolérable – je pense en particulier au sort des femmes afghanes. Cette égalité suppose de lutter sans merci contre les violences sexuelles ou sexistes, mais aussi pour l’égalité salariale et professionnelle. « La promesse française, c’est également répondre au cri qu’ont fait entendre les “gilets jaunes” sur nos ronds-points il y a six ans. Je m’adresse à eux aujourd’hui. Ils ne doivent pas penser que nous les avons oubliés ! Ils doivent savoir que ce rejet qui est le leur de la division du pays entre ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas, ceux qui passent à la télévision et ceux qui la regardent, ceux des arrondissements centraux de Paris et les autres, nous en faisons le cœur de notre politique. « La promesse française suppose que notre société puisse trouver une forme d’harmonie. « Puisqu’il faut dire les choses telles qu’elles sont, nous devons évoquer les craintes que suscite l’immigration. Cela ne date pas d’hier. « La misère, les conflits, les bouleversements climatiques se conjuguant, l’immigration est devenue une question brûlante sur toute la planète. Elle l’est pour ceux qui supportent les vagues migratoires actuelles comme pour ceux qui se sentent menacés par les prochaines. Et les réseaux sociaux attisent cette crainte tous les jours. « J’ai la conviction profonde que l’immigration est une question de proportion. L’installation d’une famille étrangère dans un village pyrénéen ou cévenol, c’est un mouvement de générosité qui se déploie, des enfants fêtés et entourés à l’école, des parents qui reçoivent tous les signes de l’entraide. Mais que trente familles s’installent et le village se sent menacé. Le désir, après tout respectable, de se sentir chez soi est mis à mal. Tout cela est humblement humain et affaire de bon sens, que je revendique. « Les bidonvilles et la misère qui y est recluse provoquent le même rejet partout, à Calais comme à Mayotte. Si les Parisiens devaient connaître cette situation dans les mêmes proportions que les Mahorais, il y aurait 500 000 illégaux vivant en bidonville à Paris, et c’est toute la population parisienne qui se révolterait. « Voilà pourquoi l’ordre, “le premier de tous les besoins de l’âme”, comme disait la philosophe Simone Weil, est aussi un devoir. « Cela n’empêche pas de comprendre, dans notre commune humanité, que c’est la misère qui pousse à fuir son pays. Nous le savons bien, nous les Basques, les Béarnais, les Bretons, qui avons au XIXe siècle fourni tant de contingents d’émigrés. (Marques d’agacement sur les travées du groupe Les Républicains.) « La volonté de protéger et d’appliquer nos lois doit être sans faille, mais respectueuse de ceux que les vagues de la vie ont conduits jusqu’à nous. Or respecter ces personnes, c’est les intégrer dans un ordre où tous peuvent se reconnaître. Il est donc de notre devoir de conduire une politique de contrôle, de régulation et de renvoi dans leur pays de ceux dont la présence met en péril la cohésion nationale. « Mais comment faire, alors que 93 % des obligations de quitter le territoire français (OQTF) ne sont pas exécutées ? Et que dire du comportement de certains pays qui devraient pourtant accueillir leurs propres ressortissants… Si nous ne résolvons pas cette question, toutes nos déclarations d’intention seront vaines. « Cette politique, que mène fermement le ministre de l’intérieur, suppose aussi l’action de tous les ministères. C’est pourquoi je réactiverai le comité interministériel de contrôle de l’immigration. Et je sais que les parlementaires ne manqueront pas, également, de prendre des initiatives. Il nous appartiendra, ensemble, de les articuler avec la nécessaire transcription du pacte européen sur la migration et l’asile. « Il nous appartiendra aussi de mieux user de notre aide au développement, »…
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