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14 janvier 2025 · Sénat · hémicycle Séance
ministre d’État. « L’effort à consentir sur ce sujet crucial – cette adaptation –, la France a commencé à le faire, mieux que tous les autres pays du monde. « Il s’agit pour moi d’une priorité, d’une ardente obligation, qui doit être poursuivie et amplifiée : planifier la transition en finalisant notre stratégie bas-carbone et préserver notre biodiversité pour produire de façon décarbonée, grâce à des technologies nouvelles – je pense en particulier à notre politique énergétique. « Cette politique a un but : l’énergie décarbonée accessible à tous. Le nucléaire est un axe essentiel pour y parvenir, tout comme la géothermie, réservoir inépuisable de calories gratuites qui se trouve sous nos pieds. « La question de l’eau, sur laquelle je reviendrai, est essentielle. Nous devons la saisir à bras-le-corps, au travers d’une grande conférence nationale qui sera déclinée dans les régions. « La transition écologique consiste en outre à favoriser les mobilités les plus adaptées, de l’hydrogène au plan vélo, lequel doit être poursuivi et doté des moyens qui lui sont nécessaires. « Proposer aux Français une voie d’espérance qui donne sens à ces efforts, c’est aussi refonder notre éducation nationale. L’une des fiertés de ma vie est d’avoir été un enseignant de l’éducation nationale et d’avoir des enfants enseignants. L’une des fiertés de ce gouvernement est d’avoir placé au premier rang le ministère de l’éducation nationale et de l’avoir confié à une femme au parcours exemplaire. (Exclamations amusées. – Mme Annick Jacquemet et M. Roger Karoutchi applaudissent. – L’oratrice sourit.) « Comment accepter que l’école française, qui était la première du monde, soit classée au rang qui est le sien aujourd’hui, en mathématiques comme en lecture ? « Les enseignants de notre université dépeignent des étudiants de première année qui ne parviennent pas, après treize, quatorze ou quinze années d’école, à écrire un texte simple et compréhensible avec une orthographe acceptable. C’est le plus grand de nos échecs. « Nous ne pouvons accepter que soient oubliés tous ceux qui viennent de milieux où l’on n’a pas les codes, ceux qui ne connaissent personne, comme on dit, qui n’ont accès ni à l’influence ni au pouvoir et que l’obligation d’orientation précoce perturbe et met en danger. « J’ai la conviction que les gisements de progrès se trouvent du côté des enseignants. « Nous nous souvenons tous ici des visages et des voix d’enseignants qui nous ont révélés à nous-mêmes. Nous connaissons ces destins qui ont basculé parce que le regard d’un enseignant s’était posé sur un enfant qui ne savait pas qui il était et qui était promis à l’échec. « Ces enseignants magnifiques existent, et ils sont nombreux. Mais l’éducation nationale telle qu’elle est organisée ne parvient pas à les repérer, ou les repère si peu ; les trésors de pédagogie qu’ils ont déployés sont, de ce fait, perdus. « Je veux rappeler ici l’intuition fondatrice du Président de la République : combattre l’assignation de la naissance, du quartier, du nom, de la religion, de la campagne, de l’accent, des familles éclatées, de l’adolescence solitaire. Il s’agit d’offrir, tout au long de la vie, de nouvelles chances et de mener ce combat pour l’individu comme pour la Nation. « Tous les enseignants de l’université savent combien pèsent les lacunes accumulées au fil des années, combien elles handicapent les étudiants dans leur apprentissage. Je l’affirme ici, l’urgence pour l’université est d’agir en amont sur les enseignements fondamentaux. « Parmi les combats à mener, je veux citer la promotion de la lecture, en lieu et place des écrans : la pause numérique doit être généralisée. « Je sais qu’un chemin est possible, en formant mieux nos professeurs, afin de mieux les préparer et de les faire progresser dans l’exercice de leur métier. Cette réforme de la formation, initiale et surtout continue, est l’une des plus importantes à mener. Il convient aussi de lancer une grande consultation sur le temps scolaire et, enfin, de poursuivre la grande réforme de l’enseignement professionnel engagée par le Président de la République. « Pour moi, la culture joue un rôle de premier plan dans la promesse française. J’ai la conviction que la défense et l’affirmation d’une politique culturelle constituent une politique sociale. L’émerveillement partagé devant la beauté d’un monument, d’une ville que l’on restaure, d’une pièce de théâtre, d’un concert que l’on partage, élève, rend fier, rassemble. « C’est pourquoi le beau est un devoir d’État. Cela passe par une politique ambitieuse du patrimoine – ce patrimoine qui est l’une de nos principales fiertés – et par un soutien à la création. « Je pense, mesdames, messieurs les députés, à nos concitoyens mahorais, qui viennent de subir une épreuve dramatique s’ajoutant à d’autres, déjà bien lourdes. « J’ai présenté le plan “Mayotte debout” lors de ma venue sur l’île. Ce plan ambitieux vise non seulement à traiter l’urgence, mais aussi à refonder Mayotte. La crise migratoire que connaît ce département ne peut d’ailleurs plus être ignorée, sauf à faire des Mahorais des Français de seconde zone. Aucun débat n’est tabou sur ce sujet, notamment celui sur les conditions d’exercice du droit du sol. « Je pense à la Nouvelle-Calédonie, qui doit construire son avenir. Les événements de mai 2024 ont plongé ce territoire dans un profond marasme. Je souhaite que le processus politique reprenne et que les négociations aboutissent à la fin du trimestre. J’inviterai à la fin du mois de janvier les forces politiques concernées à venir à Paris pour ouvrir ces négociations, en demandant au ministre des outre-mer de suivre particulièrement ce dossier. Je crois, là encore, que les femmes et les hommes de bonne volonté sauront trouver des voies novatrices, pour le bien de tous les Calédoniens. « Je pense aujourd’hui à tous nos outre-mer, qui sont une fenêtre ouverte sur le monde et qui nous enrichissent par leur identité propre. Chacun ayant sa propre situation, ses chances et ses difficultés, nous définirons pour chacun un plan de développement et de financement, dans le cadre d’un nouveau comité interministériel des outre-mer que le ministre d’État préparera avec les élus de ces territoires. « Dans les outre-mer comme dans l’Hexagone, l’espoir renaîtra par le volontarisme économique. Nous devons retrouver les conditions de la production, avec au premier chef la technologie, nouvelle mère des batailles. « On voudrait nous condamner au déclassement, alors que la Silicon Valley déroule le tapis rouge à nos ingénieurs du numérique et de l’intelligence artificielle. Nous sommes des géants de la recherche informatique ; ne nous laissons pas aller à devenir des nains de la nouvelle économie, laquelle est précisément fondée sur le numérique. Il en est de même pour l’espace ou les énergies décarbonées. « Le Gouvernement reste attaché à la trajectoire ambitieuse d’investissement dans la science définie dans la loi de programmation de la recherche. La recherche se fait dans les universités et les laboratoires, mais aussi ailleurs. Il faut mieux mobiliser nos entreprises dans cet effort collectif. « Pour ce qui concerne l’IA dont je sais, non pas si elle est intelligente ou artificielle, mais qu’elle représente un changement d’être pour notre humanité, la stratégie nationale doit entrer dans sa troisième phase. Notre action doit être ambitieuse, afin de diffuser l’IA dans l’industrie, l’action publique, la formation et la recherche, appuyée sur un programme d’investissement dans les infrastructures. Le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, qui se tiendra à Paris en février prochain, traduira cette ambition. « Dans ce domaine, comme dans ceux de l’industrie et de l’agriculture, il nous faut définir des politiques de filière, produit par produit, en partant des faiblesses de notre balance commerciale. « Chaque filière unira grandes entreprises, sous-traitants, État et régions autour d’un enjeu de production. Des géants mondiaux, comme Dassault Systèmes ou Safran, TotalEnergies ou Airbus, Saint-Gobain ou Danone, ont un potentiel de partage des capacités de mise au point et de soutien à des entreprises nouvelles, notamment sur des produits et secteurs où nous sommes absents. « Je veux avoir un mot particulier pour la filière agricole ; je dirai même pour les filières agricoles. « Quand nous évoquons les difficultés qu’elles traversent, deux choses nous sautent aux yeux : la crise des revenus et le sentiment qu’ont nos agriculteurs de n’être pas respectés. « À l’origine de cette situation, il y a une crise morale : les paysans – le monde dont je viens – avaient jusqu’à il y a peu la certitude d’être les meilleurs défenseurs de la nature. Or, aujourd’hui, on les accuse de nuire à la nature. C’est une atteinte profonde. Et quand les inspecteurs de la biodiversité viennent dans une ferme, où l’on est déjà à cran du fait de la crise, inspecter les fossés ou les points d’eau avec une arme à la ceinture, »… (Vives protestations sur les travées du groupe GEST.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

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Moins de 2 milliards d’euros !
ministre d’État. … « en retrouvant en 2026 une trajectoire dynamique. « Notre cap, c’est l’intégration : nous ne demanderons à personne de renoncer à ce qu’il est. Notre cap, c’est l’incorporation à la Nation de ceux qui sont amenés à la rejoindre : par le travail, qui crée des liens et donne de la reconnaissance ;... Lire ▸
Quarante-cinq minutes avant d’entendre enfin parler d’écologie !
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Ce n’est pas bien de dire cela ! Ce sont des agents de l’État !
ministre d’État. … « c’est une humiliation, donc une faute. « Le principal enjeu aujourd’hui est celui de l’égalité des armes. L’accord avec le Mercosur impose aux agriculteurs de chez nous des normes de production qui ne sont pas imposées à leurs concurrents. C’est inacceptable. « De très grandes injustices... Lire ▸
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ministre d’État. « Nos agriculteurs le vivent comme une injustice. Sur le sujet de l’eau, je l’ai dit, je souhaite que des conférences soient organisées aux plans national et régional, pour définir une stratégie à long terme. « Ce métier, qui était un métier de communauté, de village, de collègues, d’amis, de... Lire ▸